Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Kat Dennings et Stellan Skarsgard - Paramount - 27 avril 2011 - 1h50
Et ta critique ?
Odin se dispute avec ses fistons et Kenneth Branagh invite Shakespeare chez les super héros.
Odin a la tête d'Anthony Hopkins. Habitué des planches britanniques, il joue un dieu nordique comme un personnage shakespearien, tiraillé entre sa fonction et sa famile, ses devoirs et ses droits, son fils mauvais et son fils tout fou!
Filmé en contre plongé, Anthony Hopkins est déguisé en Chevalier du zodiaque. Pourtant, même en récitant la recette du pudding à la menthe, il en impose.
Car de l'autre coté de la caméra, il y a Kenneth Branagh, le cinéaste le plus shakespearien de l'histoire du cinéma. Il adapte très souvent le dramaturge et quand il file ailleurs, comme Frankenstein par exemple, il impose une bonne dose de drame shakespearien!
Donc on a beau être dans l'espace, sur une planète toute dorée, avec des chevaliers prétentieux qui redoutent les Géants des Glaces, on est bien dans un duel dramatique entre deux frères, rongés par le pouvoir, l'envie et peut être la violence!
Branagh soigne le conflit familial pour donner de la contenance à une histoire abracadabrantesque qui fait surtout rigoler. Même chez les super héros. Car Thor est mi dieu mi homme. Il a donc une mythologie autour de lui lourde comme une armure et son fameux marteau!
Il n'en faut pas plus pour Branagh pour provoquer des allers retours entre la Terre (lieu de bannissement de ce gros immature de Thor, viking au vocabulaire élégant) et Asgard (terre des dieux). Pour Branagh, l'emphase va très bien au super héros et Shakespeare. Donc la caméra nous fait voyager dans toutes les dimensions, toutes les couleurs, tous les styles vestimentaires et toutes folies kitschisssimes.
On aura une préférence pour Laufay, le vilain chef des Géants de Glaces (Miko?), qui visiblement pourrait jouer le diable dans un vieux film gothique avec ses yeux tout rouges ou sa peau bleue; les décors d'Asgard inspirés d'un clip d'Earth Wind & Fire ou le jeu monolithique de Chris Hemsworth, dont le torse est plus expressif que le visage.
Un Terrien a l'humour de décrire les Asgardiens comme des ersatz de Xena la guerrière, Jackie Chan et Robin des Bois. Les auteurs nous enlèvent les mots de la bouche.
Ca frôle très souvent les limites du ridicule mais Branagh n'a pas peur et va jusqu'au bout du mauvais goût. On ne sait pas trop ce que va devenir ce nouveau super héros sur grand écran mais il est certain qu'il n'appartient pas encore aux grandes réussites du genre... Un petit espoir subsiste! On veut bien attendre une suite pour savoir s'il sera l'ami de Batman (le meilleur) ou CatWoman (vraiment le pire)!