Après la pop sautillante de ses albums précédents, Jarvis Cocker emmène sa bande vers d’autres horizons. Ceux-ci sont davantage durs et sombres, mais tout aussi convaincants, sinon plus.
Pulp, charmant petit groupe anglais, coincé entre les géniaux Blur et les très passables Oasis, souffre d’un flagrant manque de reconnaissance dans notre beau pays. Contrairement au Royaume-Uni, où la formation de Jarvis Cocker est arrivée à un certain succès, avec tout d’abord le gentil His‘n’hers puis avec l’indispensable sommet de la pop des années 90 qu’est Different class. Avec "This is hardcore", Pulp délaisse un peu sa pop sautillante et cartoon, mais toujours de bon goût, pour une musique plus dure. Mieux, elle pervertit le genre, à l’image de sa pochette, mix entre porno chic et rêve érotique.
Donc tout commence avec The fear, chanson sortie tout droit d’un film d’horreur de la Hammer avec chœurs gothiques et tout. Glaçant mais génial. Il est amusant de contaster que Pulp a toujours su débuter et finir ses albums d’une manière si étourdissante qu’il faudrait étudier ça dans les écoles. Après, ça continue avec Dishes, ballade classique dans le plus pur style du groupe, et je ne m’étendrais pas plus sur TV movie, A little soul, Seductive Barry et Sylvia. De belles chansons entraînantes, émouvantes, à l’exception de Seductive Barry, seul raté peut-être sur cet album.
Là, nous attaquons les choses sérieuses, avec Party hard, qui a l’apparence du Bowie, la couleur du Bowie, l’odeur du Bowie, mais n’est pas du Bowie. C’est du rock pulpien et c’est un bijou. Help the aged, de la pop au refrain comparable à celui de Creep de Radiohead (il y a pire comme références). I’am a man, seule chanson qui rappelle le style Pulp des autres albums, et seule chanson accessible dès la première écoute sur cet album. Glory days, une des meilleures chansons du groupe, au rythme impossible à oublier, et The day after the revolution narrant une sorte d’apocalypse sur une instrumentation dantesque. Enfin, pour garder le meilleur pour la fin (il faut toujours garder le meilleur pour la fin), Everest ou Kilimandjaro (au choix) de l’album, This Is Hardcore, carambolage entre autres de pop, de rock et de partition symphonique qui se mélangent et forment une chanson grandiose.
Pour faire une brève conclusion, "This is hardcore" est un des plus grands albums de tous les temps, donc indispensable
Et toc !
Et maintenant on se régale avec ce clip splendide et incontournable :
Pulp - This Is Hardcore-Kids Version
Benoît Fontan
© Etat-critique.com - 26/04/2009