Blues, jazz et soul pour l'été d'Etat Critique: l'addition de genres peut aussi aboutir à un résultat brillant, sensible et émouvant. Peut être le meilleur album de Ben Harper.
Il vient de loin cet album. De 2001 au moins, quand les Blind Boys of Alabama reprirent sur scène le Give a man a home de Ben Harper lors de la cérémonie de remise de leur Grammy Award pour l'album Spirit of the century. De l'année suivante aussi, quand Ben Harper apporta sa contribution (guitare et voix) à Higher ground, le nouvel album de l'ancestral trio (le groupe vocal existe depuis 1939 !) de chanteurs aveugles originaires du Sud des Etats-Unis.
Il n'était donc pas surprenant de voir Ben Harper inviter ces voix légendaires à faire un petit crochet par les studios Capitol, histoire d'enregistrer quelques chansons. Sauf que, six jours plus tard, il y avait suffisamment de matière pour un album complet : There will be a light.
Belle histoire, mais surtout très bel album, tout en sensibilité et émotion qui fait fusionner blues et gospel dans une collection de chansons à la démarche spirituelle revendiquée. De Take my hand en ouverture à Church on time en (ma-gni-fi-que) bouquet final, en passant par Picture of Jesus, Church house steps, 11th commandment ou Mother pray, l'influence religieuse sur la démarche créative de Ben Harper est limpide.
Aussi limpide que les harmonies vocales tressées par ces quatre timbres riches et chauds sur les compositions ou les emprunts (Well well well de Bob Dylan et quelques gospels traditionnels) qui composent ce recueil de chansons qui sont comme autant d'oraisons discrètement soutenues par les Innocent Criminal, le groupe de Ben Harper.
Le genre de disque que l'on se repasse régulièrement: un vrai classique discret de sa discothèque, petit miracle musical dont on ne se lasse pas.
Joel Fomperie
© Etat-critique.com - 01/08/2011