La coupe de cheveux de Nicolas Cage dans le thriller fantastique Next restera un souvenir durable de l'année 2007. Si son cuir chevelu devient un lieu de non droit, la carrière du comédien devient une belle accumulation de navetons indignes et fascinants.
Le neveu de Coppola n'a pas toujours eu bon goût mais il a su faire preuve d'intelligence en jouant pour son oncle mais aussi dans Leaving Las Vegas, Volte Face ou Adaptation.
Le comédien a de bonnes idées aussitôt gâchées par des choix plus douteux. En ce moment, cela n'arrête pas. Il nous rappelle le Christophe Lambert des années 90 avec des films improbables, loupés et automatiquement ringards.
Pendant que le second Benjamin Gates sort au cinéma, apparaît en dvd, The wicker man, qui aurait dû sortir l'été dernier. Trop honteux, le film se cache désormais dans les vidéo clubs.
Le film est assez indigne de l'acteur mais aussi du cinéaste, Neil Labute. Ce dernier, issu du théâtre, avait du mordant dans ses premiers films et semble se faire avaler par Hollywood. The wicker man est un mauvais épisode de La quatrième dimension.
Cage est donc un flic traumatisé par un accident. Il reçoit une lettre d'une ex copine qui lui demande de venir sur une île pour retrouver sa fille disparue. Il découvre une société étrange où les femmes ont le pouvoir.
Remake d'un film psyché britannique, The wicker man est un faux polar et un vrai nanar. Sur son île, Cage, male vigoureux, affronte une communauté de donzelles au style amish et vivant comme des abeilles. C'est léger comme un pot de miel mélangé avec du saindoux. Cage découvre avec horreur une société mystique et féministe.
Les femmes, elles, sont aussi jolies (Leelee Sobieski, Molly Parker et Kate Beahan) mais hystériques. Le scénario lui accumule les bourdes et les effets prévisibles. La région est belle. La nature est verdoyante. Les lacs sont photogéniques. La carte postale est plaisante mais ne raconte rien du tout.
Pas dégourdi pour un sou, Cage tombe dans un piège attendu depuis les premières minutes. Dans les dernières, on finit par rire devant Cage dans un déguisement de grizzly pour sauver une petite fille d'un ignoble rite. C’est du grand n’importe quoi et il ne faut pas s’étonner de voir le film sortir en dvd… La coupe de cheveux, elle, s’en tire beaucoup mieux !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 15/03/2008