Il n’y a pas que les filles qui peuvent ressusciter les années 60. Le producteur Raphael Saadiq convoque les fantômes de la soul pour nous rappeler que cette musique est bien vivante.
Raphael Saadiq est un homme de l’ombre. Un producteur sérieux qui a réalisé de grandes prouesses à partir des années 90. Il a travaillé avec des légendes (Stevie Wonder, Earth wind & fire), des has been (Lionel Richie, Witney Houston) et des jeunes loups (D’Angelo, The Roots).
Pianiste, bassite et guitariste, il est aussi devenu chanteur. "The way I see" est son quatrième essai. Plus que concluant.
Amy Winehouse avait relancé la mode de la white soul chez les filles.
Raphael Saadiq reprend à son compte la soul des années 60 et 70. On fête cette année les cinquante ans de la Motown. Il rend un vibrant hommage à la musique de son enfance.
Ses nouvelles chansons imitent parfaitement les groupes en costard qui chantaient la jeunesse et l’amour avec une ferveur jamais feinte sur un groove saccadé.
Saadiq regarde en arrière mais remue aujourd’hui. Ce que l’on devinait dans ses production, se réalise concrètement sur son disque : le son rétro conserve une force d’évocation que le new soul a toujours eu du mal à conjuguer avec la modernité.
Suave et faussement tendre, la musique de Saadiq accroche et dépasse l’exercice du mimétisme. Ca fait vibrer. Il n’y a rien de nouveau dans "The way I see" mais il permet de redécouvrir le lyrisme de la musique noire.
Il offre même un vrai morceau de choix à Stevie Wonder, que l’on avait perdu depuis longtemps. Raphael Saadiq n’est pas loin de réaliser des miracles avec ce nouvel album.
Envisagé, écrit et réalisé à l’ancienne, "The way I see" joue sur une soul romantique et simple.
C’est une musique familière mais aux vertus oubliées.
Les redécouvrir est un vrai bonheur.