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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The ultimate game

The ultimate game

Mark NEVELDINE et Brian TAYLOR

Avec Gerard Butler, Michael C.Hall, Amber Valleta et Kyra Sedgwick - Le pacte - 9 septembre 2009 - 1h25

Et ta critique ?




Vous prenez Gladiator ! Vous le mélangez avec Running Man ! Vous ajoutez le héros viril de 300 et une console de jeu à la place de la caméra ! Vous obtiendrez un machin qui fait mal aux yeux, hystérique et drôle jusqu’à l’absurde !


Yves Boisset avait prédit la télé réalité et la dictature des images avec Le prix du danger. Gérard Lanvin était un pauvre chômeur participant à une émission où il était poursuivi par des tueurs, sous le regard complice d’un Michel Piccoli machiavélique.

Yves Boisset est un type viril et correct. Il y avait une mise en garde comme toujours chez ce cinéaste engagé. Les Américains ont repris le concept quelques années plus tard avec Running man.

C’est toujours un pauvre innocent harcelé dans une émission par des assassins. Comme c’est Schwarzie le héros, il sauve le monde libre, les opprimés et tabasse les vilains profiteurs en leur faisant avaler leurs caméras.

Les auteurs du survitaminé Haute tension nous refont le coup de la télévision meurtrière. Cette fois ci c’est Gerard Butler qui joue le pauvre gars impliqué dans un jeu virtuel qui connaît un grand succès planétaire.

Comme il y a la place dans son cerveau pour mettre un joystick, le gros costaud est manipulé par un amateur de jeux virtuels et doit affronter d’autres " joueurs " en live. Avec des sulfateuses, il élimine tous les participants pour la plus grande joie des téléspectateurs. Hélas, notre avatar a un petit cœur qui souffre, une famille perdue et des envies de donner, à sa manière, des cours d’éthique au producteur psychotique du jeu…

La réalisation de Brian Taylor et Mark Neveldine est une bouillie d’images qui ferait passer un clip de techno pour un hommage à Bergman. La caméra adopte cent points de vue en trois plans. C’est aussi périlleux que vain. Ca se veut hype mais c’est juste kitsch !

Le scénario est une vaste fumisterie qui ne cherche qu’à montrer le maximum d’action et d’explosions. C’est toujours amusant de voir les réalisateurs justifier la violence par un joli couplet sur la liberté et l’amour.

C’est de la série B gonflée à la testostérone donc du catch pour amateurs de nanars. Même les acteurs ne résistent pas à la centrifugeuse visuelle. Gerard Butler a les muscles tout tendus au point de ne plus avoir d’expression. De son coté, l’anguleux Michael C.Hall grimace pour bien souligner qu’il est le méchant de l’histoire. Les seconds rôles sont aussi épais d’un pixel dans Pac-man.

Il y a donc des effets spectaculaires toutes les cinq secondes, mais ce jeu ultime nous fait regretter le bon vieil esprit rebelle du Prix du danger… Bon sang, mais où cette vieille VHS ?



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 28/09/2009