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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The sunchaser

The sunchaser

Michael CIMINO

Avec Woody Harrelson, Jon Seda, Anne Brancroft et Talisa Soto Aquarelle – 1996 – 2h02

Et ta critique ?




Petite édition pour le tout dernier film de Michael Cimino, héros maudit du cinéma américain. Décrié à sa sortie, The sunchaser reste une œuvre mineure mais permet de retrouver des images mythiques de l’Amérique. Ca réchauffe.


L’aspect moralisateur et new age de The sunchaser avait profondément agacé la critique à l’époque de sa sortie en 1996. Le message n’était pas fin mais la finesse n’est pas non plus la qualité première d’un réalisateur aussi indispensable que Michael Cimino.

Sa qualité à lui, c’est l’ampleur, l’énormité, l’écho d’un pays aussi gigantesque et riche que l’Amérique. Voyage au bout de l’enfer profitait de cette obsession. La plupart des films sont des magnifiques portraits de l’Amérique, perdu entre la réalité et sa mythologie.

Passionné, rappelons que l’auteur a planté à l’aube des années 80, le studio United Artists avec La porte du paradis et un bide qui restera légendaire. Et qui plombera la carrière de Michael Cimino. Le voilà donc réduit à un film de commande, sans grand intérêt et plutôt poussif.

Un délinquant d’origine indienne, condamné par la médecine kidnappe le brillant docteur Reynolds pour pouvoir atteindre une montagne sacrée au milieu du grand canyon. Les deux hommes n’ont évidemment rien à voir mais au cours de leur folle poursuite, ils vont finir pas s’entendre et découvrir de belles choses sur eux…

Le médecin n’est pas si matérialiste que cela. Le jeune violent va comprendre ses racines et le sens de sa courte vie. La spiritualité s’abat sur deux visages de l’Amérique, stéréotypés et pas déplaisants.

Car les deux comédiens, le sympathique Woody Harrelson et le jeune Jon Seda sont surprenants dans des rôles plus dramatiques. Ils rejoignent cette galerie de personnages qu’affectionnent Cimino : des héros perdus dans l’immensité de l’histoire, du décor, du passé. Il filme toujours l’Amérique en crise de nerf. Il le fait avec une énergie salvatrice qui transcende le scénario démonstratif au possible.

L’individu doit constamment lutter contre la société. Cette Amérique triomphante écrase les marginaux et le rêve américain se sert maladroitement de ses mythes fondateurs. The sunchaser propose une boussole à l’intérieur de ce grand patchwork effrayant qu’est cette nation.

Elle nous mène pas à un chef d’œuvre mais révèle finalement une vraie singularité qui se dégage de ce petit film, où les paysages du grand canyon permettent de retrouver un grand cinéaste mal aimé.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 16/04/2008