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Vendredi 25 Mai 2012Musique

The shape of a broken heart

The shape of a broken heart

IMANY

m6 interaction - 2011

Et ta critique ?




En swahili, Imany signifie « espoir ». Et l’on ne doute pas que Nadia Mladjao ait choisi sciemment ce nom de chanteuse. Son album The shape of a broken heart est magnifique.


Il fait partie de ces opus rare où chaque mélodie est réussie. La beauté exceptionnelle de sa voie grave et gracieuse, l’intensité de ses textes, le rythme soul folk séduisent autant qu’ils interpellent.

A l’écoute de ses 12 chansons en anglais, on découvre une artiste, au timbre vocal original et sensuel et à l’univers très singulier. On y voit dressé le portrait intime d’une femme libre, d’une affranchie, qui chante avec émotion et sincérité.

Elle trouve le ton et les mots pour nous parler des hommes qui ont jalonné sa route, nous dire un peu de ses rêves, ses prières, sa détresse aussi, ses blessures comme ses désirs. Ces ballades nous donnent envie d’en savoir plus sur cette artiste, son parcours, ses inspirations.
Originaire des Îles Comores, Imany est née en France, puis a vécu aux Etats Unis dans le monde de la mode.

Ne trouvant la voie de son épanouissement dans le mannequinat, elle se met à suivre des cours de théâtre et de chant. Se dessinent les contours de son rêve : écrire des textes et les mettre en musique. Elle revient à Paris en 2008 avec la ferme intention de vivre de sa passion.

Avec la maquette de ses premières chansons originales révélant sa belle voix grave (qui n’est pas sans rappeler la tessiture de Tracy Chapman), elle convainc les programmateurs de salles parisiennes de lui faire confiance.

Au fil des mois, du Réservoir à la Bellevilloise, elle grandit en public, prend confiance en elle, installe un buzz qui, via internet, se répand dans la capitale, puis au delà. Et surtout, affirme un style personnel, promenant une mélancolie mise à nu sur un folk chaloupé. Lors d’un passage au Sentier des Halles, elle retient l’attention de Malick N’diaye, producteur d’origine sénégalaise qui a découvert l’artiste Ayo.

Il l’encourage à persévérer, à écrire de nouvelles chansons, à multiplier les concerts. Imany assure plusieurs 1ères parties d’artistes comme Angie Stone et Ben l'Oncle Soul tout en composant de nouveaux titres, chacun confirmant son talent d’artiste.

C’est ainsi que nait son premier CD 5 titres Acoustic Sessions avec quatre de ses compositions, dont Slow Down et You will Never Know que l’on entendra alors beaucoup sur les ondes, et une reprise de I'll Be There de Michael Jackson.

Guitare folk et voix soul s’y accordent à merveille. S’en suit naturellement son album 12 titres Shape of a broken heart qui nous en dit plus de son âme passionnée. Elle interroge l’absence dans Where Have You Been ou Seat with me, le romantisme avec une pointe de nostalgie dans Kisses In The Dark, son orgueil dans You Will Never Know et enfin le lien avec ses proches dans  Take Care, chanté en partie en Comorien. Sa beauté intérieure irradie, la finesse de sa silhouette élancée et le caractère de son visage quant à eux ajoutent du glamour à ses clips.

Si je devais encore ajouter à l’argumentation de mon coup de cœur je dirais que la pochette de son album est canon : photos vintage, dessins, page de remerciements attachants à ceux qui ont cru en elle et l’ont accompagné tout du long de son ascension comme sa sœur Fatou.

Sur chaque page des mots que l’on dirait extrait de son journal secret où elle confie être une fille compliquée qui trouve plus simple de fantasmer une idylle que de la vivre, implore Dieu de lui faire signe et trouve dans l’écriture le courage de croire qu’au bout du noir, la lumière l’attend. Que la lumière de son succès soit sa plus belle récompense !



Estelle Grenon

© Etat-critique.com - 19/09/2011