Après le roman de Tristan et Iseut, voici le film d’action de Trisan + Isolde. Cela ressemble donc à un gros sacrilège hollywoodien. Finalement le film offre un bon film d’aventures à l’ancienne.
Après le roman de Tristan et Iseut, voici le film d’action de Trisan + Isolde. Cela ressemble donc à un gros sacrilège hollywoodien. Finalement le film offre un bon film d’aventures à l’ancienne.
Producteurs de Tristan + Isold, les frères Scott, Ridley et Tony, surfaient sur le succès du Roi Arthur et voulaient eux aussi donner une version «réaliste» d’une célèbre légende celte puis normande. Spécialistes du film bourrin, les frères ont confié le projet à Kevin Reynolds, cinéaste inégal et attachant.
Ce dernier est le fameux alter ego de Kevin Costner de la grande époque. Les engueulades entre les deux sont devenues mythiques. Waterworld a coûté cher à Reynolds mais il poursuit sa carrière avec conviction et des budgets plus simples à gérer. Très classique, Reynolds apporte à The red sword (Tristan + Isolde) une humilité qui fait franchement plaisir à voir.
A la manière d’une reconstitution historique, cette nouvelle version du conte reprend les grandes lignes de l’histoire d’amour impossible entre le prince Tristan et la princesse irlandaise Iseult (ou Isolde). Mais cette fois ci, il y a de la boue, des armures, des clans, des combats et un souci de réalisme qui pourrait prêter à rire.
Heureusement Reynolds sait y faire. Il oppose la mignonne histoire d’amour à un traitement sans fioriture, sans emphase. Son traitement échappe à toute grandiloquence. Il assure le spectacle et se limite à un traditionnel film d’aventures, avec trahisons, invraisemblances et héroïsme. A l’heure où beaucoup de films veulent en mettre plein les mirettes, The Red Sword séduit par sa modestie et son goût pour le spectacle épique à l’ancienne.
Les auteurs ont eu aussi la bonne idée de réunir un joli couple avec James Franco et Sophia Myles. Le premier possède un charme indéniable et plus ambigu que la plupart des jeunes premiers (Raimi a eu raison de le prendre dans la saga Spider-Man) tandis que la seconde est une belle inconnue intrigante. Reynolds a aussi la bonne idée d’embaucher l’excellent Rufus Sewell. Découvert dans Dark City, il est souvent employé comme méchant de service, or il trouve ici, un rôle beaucoup plus complexe, digne de son talent.
Sorti dans trois salles au mois de juillet, le film a droit à un nouveau titre et une nouvelle vie en dvd. Les bonus ne sont pas très originaux mais d’une manière générale, l’ensemble prouve que le film ne méritait pas le four qui fait de Kevin Reynolds, un réalisateur un peu plus maudit.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 11/03/2007