Après la version anglaise et la version française, les Américains s’emparent du concept de Ricky Gervais et grignote tous les travers du monde du travail. Une grande série à découvrir et offrir aux collègues de bureau.
Steve Carell interprète Michael Scott, patron gaffeur et gros prétentieux souvent ridicule. Le comédien est parfait. Il dégage une énergie incroyable dans la bêtise et on s’amuse énormément à le voir maltraiter ses employés. Ces derniers eux sont joués par des acteurs formidables et très attachants dans leur sadomasochisme quotidien.
Ricky Gervais fut le premier à le faire. Puis en France, c’est François Berléand qui devenait un directeur plein de suffisance. La palme revient à l’Américain Steve Carell, comique hilarant. The office, version US, a perdu en cynisme mais gagné en longévité.
La charge sur l’entreprise est beaucoup moins virulente que les mini-séries britanniques et françaises. Au pays du libéralisme (mal en point depuis quelques mois), l’entreprise est une chose sacrée. Rares sont les séries qui ne traitent que de ce sujet (au début des années 90, la série Working avait connu un petit succès). Le principe, lui, est le même : celui d’un documentaire sur une petite entreprise qui connaît de nombreuses crises… de rire !
Les personnages savent donc qu’ils sont filmés et jouent avec la caméra comme dans aucune autre série. On s’attache alors facilement à des personnages que l’on surprend dans leurs moments de faiblesse, de colère et d’égoïsme.
Le savoir faire américain fonctionne très bien avec le concept. De toutes les sitcoms actuelles, The office est la meilleure avec Scrubs. Dans les deux cas, les maladresses sont un moteur extraordinaire de blagues et de quelques vérités pas si évidentes à dire.
Les bouffons ont le droit de tout dire à voix haute. Elles sont hurlées avec talent dans cette série à regarder les jours où le travail vous pèse sur le moral
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 30/03/2011