RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The mist

The mist

Franck DARABONT

Avec Thomas Jane, Laurie Holden, Marcia Gay Harden et Andre Braugher TF1 video – 2007 – 2h

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! On remet ce week end la palme d'or de la série B post 11 septembre.


Stephen King aime les petites villes. Il y trouve la quintessence de l’Amérique, ses doutes, ses peurs et sa violence. Chez King, le fantastique est un révélateur. L’horreur se cache dans des endroits inattendus. Souvent au fond des âmes.

The mist est le parfait exemple de l’écriture de King. Ce ne sont pas les monstres qui tuent les protagonistes mais les névroses de ces derniers. Ce n’est pas nouveau mais cela fonctionne à merveille dans le film de Darabont.

Ce dernier soigne la mise en scène. Comme King, le cinéaste connaît ses classiques. Ses références sont les mêmes que l’écrivain. The mist est donc un hommage à la série B horrifique des années 50. Les monstres attaquent la ville et tous ses petits films qui faisaient trembler les ados à cette époque, inspirent ce huis clos.

Darabont avait pensé son film comme une œuvre en noir et blanc. Il l’a réalisé ainsi et il est proposé de telle manière dans les bonus. Ceci explique alors les effets spéciaux au style volontairement artisanal. Le film en noir et banc possède un charme encore plus fort et plus cinéphile.

Le style ne gène pas le discours, terriblement d’actualité. Le film est à ranger dans la catégorie " traumatisme post 11 septembre ". Cependant il sort du lot par cet amour de la référence. The mist embrasse un cinéma désuet mais terriblement attachant. Une déclaration d’amour à un genre toujours sous estimé !


Pour la sortie en salles:

S’il fallait retenir la meilleure adaptation de l’œuvre de Stephen King, Shining arrive en tête obligatoirement. Cependant il y a d’autres pépites du genre comme Carrie, Misery ou Simetierre. Mais il est vrai qu’ils sont entourés de belles bouses souvent racoleuses et profitant de n’importe quel graffiti sur un ticket de métro pour dire qu’il s’agit d’un bouquin de Stephen King.

Franck Darabont est proche de King. Il a déjà adapté Les Evadés et La ligne verte. Des œuvres sobres, d’un classicisme presque redondant ! Pourtant Darabont a bien compris l’œuvre du maître et ce qu’il se cachait derrière les histoires extraordinaires : une étude passionnante de la communauté américaine.

D’un livre à un autre, King étudie les hommes, les ruraux et leurs comportements plus ou moins avouables.  L’élément fantastique n’est qu’un révélateur et la monstruosité n’est jamais là où on l’imagine.  Ce n’est pas très subtil mais très efficace. Cela colle parfaitement aux codes du film de genre.

Cela explique en partie l’amour du cinéma pour Stephen King. Darabont est un cinéaste consciencieux et cela se voit avec cette nouvelle adaptation d’une nouvelle, Brume (dans le recueil justement intitulé Brume). Sa réalisation est académique et n’opère aucune révolution technique ou effets tape à l’œil. C’est du cinoche de papa. Franchement, c’est tant mieux.

Le film ne veut pas nous noyer sous une avalanche d’images épileptiques. Il commence simplement par s’attarder sur des personnages simples et forts. Darabont réussit en un coup de caméra à transformer Thomas Jane, acteur qui a le gros défaut de ressembler à Christophe Lambert (y compris au niveau du jeu) en interprète crédible d’un père de famille juste tenace.

David Drayton a donc la tête sur les épaules lorsqu’une brume s’abat sur sa petite ville perdue car dans cette nappe épaisse se cache des créatures sanguinaires qui tuent tout ce qu’elles rencontrent. Enfermé avec son jeune fils dans un supermarché avec une trentaine de personnes, il va vite découvrir que si l’enfer s’est abattu à l’extérieur, l’enfer c’est aussi les autres.

The mist surprend par son coté théâtral. C’est un huis clos. Plutôt que s’occuper des bestioles assez cauchemardesques, Darabont s’enferme avec les survivants et suit leurs réactions, honteuses mais très humaines.

La critique de la religion est évidente mais le film défend une vision délicieusement démocrate et pas si stéréotypée.  Darabont suit la dépression qui habite le texte de Stephen King. Les héros sont bien ordinaires, tristement ordinaires. David Drayton n’arrive jamais à ses fins et s’enfonce vers un dilemme qui se révèlera au final, poignant et cruel.

De la part d’une série B, on n’en attendait pas tant. Darabont offre un spectacle divertissant et sincère. Le service après vente cinématographique de Stephen King assure de nouveau sa mission !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 02/10/2009