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Vendredi 25 Mai 2012Musique

The meanest of times

The meanest of times

The DROPKICK MURPHYS

(Born & bred records – 2007)

Et ta critique ?




Les irlandais font la tronche: leur équipe de rugby a été très décevante durant la coupe du monde. Ils peuvent rester fiers : ils sont la source d’un genre musical peu connu chez nous : le celtic-punk. Un nom pareil, ça fait peur ! Finalement, avec cet album, c’est un style tout à fait fréquentable.

 


Les Dubliners sont décidément trop vieux pour faire chanter les marins du Monde entier. Désormais, les celtes aiment les poilus, les durs, les tatoués et les traditions musicales.

Même les Pogues passent pour des canards boiteux à coté des défenseurs du celtic-punk, genre né dans le nord est des Etats-Unis sous l’impulsion de la communauté irlandaise. Le règle est simple : on invite un groupe d’énervés et on leur file des instruments de musique traditionnels.

Le résultat est d’abord prévisible : les Dropkick murphys ont visiblement l’envie d’en découdre avec des compositions speed et enragées. C’est du punk tout à fait classique. Amusant si on a encore les oreilles pour supporter cette énergie brute.

Mais très vite, l’aspect communautaire prend le dessus et l’intrusion de cornemuse, de mandoline et de tin whistle permet aux musiciens de transcender un peu le genre. C’est du punk au trèfle à quatre feuilles, avec des histoires de bitures, de clochers et de voyages.

On baigne dans la culture verte, celle des rugueux celtes et des amateurs de pintes. L’attitude rebelle va bien à ce groupe de Boston, fer de lance du genre avec The flogging molly. En punk made in USA, ces fils d’Irlande, revisitant leur culture à un rythme effréné, sont nettement plus convaincants que les minets californiens et skaters.

The meanest of times surprend : on sautille sur une mandoline avant de pogoter sur des gros riffs calibrés pour mettre le feu dans un pub enivré. On entend aussi des airs connus revitalisés à la testostérone tatouée ("Johnny", "I hardly knew ya"). Populaire, généreux, un peu vulgaires, le groupe nous fait goûter à l’héritage qui a échoué de la vieille Europe aux terres du Massachusetts. D’un point de vue purement ethnologique, ce disque est une vraie curiosité. Musicalement, c’est une autre histoire. A vous de voir.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/10/2007