Retour des énervés du rock français. Toujours aussi remuants, les six de Shaka Ponk deviennent incontournables!
Une bonne batterie qui swingue et deux voix qui interpellent, Let's bang nous remet en quelques secondes dans le punk très funky de Shaka Ponk, nouvelle sensation de la scène française. Si leurs concerts sont en train d'entrer dans la légende, ils réalisent aussi des albums bien troussés, dans l'air du temps.
Let's bang provoque donc un carambolage furieux aux carrefours des styles et des cultures. On appréciera particulièrement leur espéranto rien qu'à eux.
Avec les genres, ils semblent très à l'aise dans leurs baskets. Ils usent ces dernières sur scène et mais aussi pour battre le rythme hypnotique de leurs chansons. Let's bang bricole un son moderne et fabrique un mur de son où vient se cogner l'énergie affolante des musiciens accompagnés de la charmante Samaha.
La suite donne des fourmis dans les jambles. Shaka Ponk fait de la soul music avec la délicatesse d'un groupe de métal et bidouille de l'électro avec une passion pour les véritables riffs de guitares et les rythmiques suaves. I'm picky et Brunette Localicious peuvent provoquer des pogots inattendus dans votre salon. Après une année de tournée, le groupe a écrit un album qui contient toute leur folie et leur exaltation.
Pour I'm a lady, Sex Ball et My Name is Stain, le scepticisme s'installe. Shak Ponk affronte les canons de la mode. Ils lorgnent bizarrement sur le rock soul de Gossip et quelques rythmes plus chaloupés trop calibrés pour la radio. Même quand on est déçu, l'effervescence des musiciens annonce des surprises dans leurs chansons. Pas convaincantes, ces trois chansons participent tout de même à la fête.
Shiza Radio et Run run run redonnent le sourire avec une fausse nonchalance et un vrai goût pour le rock bourrin mais dansant. Le groupe ensuite ne manque pas de se moquer des chansons commerciales avec un Dancing Dead ironique à souhait.
Puis le groupe revient aux bases. Reset after all s'apparente à un tour de grand huit électrique. Old school rocka rappelle les débuts de la fusion des années 80. Palabra Mi amor invite un Bertrand Cantat en manque de groupe de rock.
Il revit avec les zigotos de Shaka Ponk. Le final est brulant et donne le tournis. Joyeux drilles du rock, Shaka Ponk est un vertige qui n'existait plus depuis longtemps.