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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The fountain

The fountain

Darren ARONOFSKY

Avec Hugh Jackman, Rachel Weisz, Ellen Burnstyn et Cliff Curtis - TF1 Video - 2006 - 1h36

Et ta critique ?




Un réalisateur malin ose se mesurer au monument intouchable de Stanley Kubrick, 2001 l'odyssée de l'espace. C'est courageux et suicidaire. Ce n'est pas le seul enjeu de ce film atypique


Lorsque le film de Darren Aronofsky est sorti, la presse n'a pas été tendre avec le réalisateur du choquant Requiem for a dream. En gros, on a repproché à Aronofsky de se frotter au film culte de Kubrick, 2001 l'odyssée de l'espace.

On a donc pris de haut de le réalisateur et une nouvelle vision en dvd permet de découvrir un film plus apaisé qu'il n'avait l'air. Le cinéaste a osé faire joujou avec des sauts dans le temps. Il s'est aussi plié à rendre la science fiction un peu plus intéressante. Au cinéma, la SF c'est le bien contre le mal avec des effets spéciaux un peu partout.

Kubrick et Aronofsky rendent hommage à la littérature du genre, beaucoup plus intelligente et profonde. The fountain est donc une oeuvre qui elle aussi dépasse les conventions et extrapole sur l'humanité, en observant le passé, le présent et le futur.

A trois époques différentes, Aronofsky dépeint les efforts d'un homme pour l'amour et les envies d'éternité. Le réalisateur joue avec les époques, les mélange et médite sur la mort et les combats chimériques de l'Homme.

Ca peut être prétentieux. Mais il faut l'être pour donner au genre, une réflexion un peu poussée et légitime par apport à l'exercice imposé par Hollywood. The fountain a bien entendu des défauts (qui sont largement expliqués dans les bonus et l'extravagante mise en chantier du film qui a pris plusieurs années) mais il réussit une drôle d'histoire romanesque et d'amour fou.

The fountain glisse un peu sur la spiritualité mais mène bien sa barque lorsque le film s'attarde sur l'amour malmené. Hugh Jackman joue magnifiquement l'homme désespéré tandis que Rachel Weisz et sa beauté diaphane éblouissent l'écran.

Au delà de la forme culottée, The fountain affirme son originalité et cela fait franchement du bien. On s'est peut être trompé en assommant Aronofsky avec le petit Kubrick illustré.

Malgré son scénario et ses images évaporés, The fountain nous arrache à nos habitudes de spectateurs et parvient, malgré son artificialité, à nous toucher profondément. Voilà un enjeu majeur un peu trop souvent oublié!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 09/04/2008