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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The fall

The fall

Tarsem SINGH

Avec Lee Pace, Catinca Untaru et Justine Waddell - M6 video - 2008

Et ta critique ?




Œuvre atypique, The fall est une jolie collection d’images qui, en plus, salue la magie du cinéma. Un travail de passionné !


Tarsem Singh a réalisé des clips. Ultra branchés et très spéciaux. Logiquement on lui a demandé un jour de diriger un film et cela a donné le très crétin The Cell où Jennifer Lopez se promenait dans la tête d’un serial killer.

Certes la réalisation déroutait par son hyper esthétisme mais le scénario faisait bien rigoler avec ses rebondissements énormes et sa star aussi crédible en scientifique que Paris Hilton en bonne sœur.

On n’attendait plus vraiment Tarsem Singh. La suprise de The fall en est que plus grande et agréable. Ses belles images servent enfin un propos digne de son talent d’illustrateur.

Aidé par David Fincher et Spike Jonze, le réalisateur a fui les studios hollywoodiens pour s’appliquer à raconter une histoire étrange et pleine d’émotions.

Difficile de résister à Alexandria, petite fille en convalescence dans un hôpital, dans les années 20. Elle tue l’ennui comme elle peut jusqu’à ce qu’elle rencontre Roy, un cascadeur blessé et amoureux.

Ce dernier a de l’imagination et raconte une histoire extraordinaire à la petite fille qui découvrira que derrière toute fable, il y a une vérité. Pas toujours bonne à entendre!

Tarsem singh a porté des années son projet et l’absence de compromis fait plaisir à voir. The fall se refuse à tous les clichés qui lui pendent au nez. Roy se lance dans un conte qui prend vite la tangente et réagit aux humeurs du cascadeur au cœur brisé.

Jamais, la présence de l’enfant réduit le film à quelques mièvreries. Bien au contraire : les couleurs et la photographie du film sont extraordinaires (pour une fois, la vision en blu-ray doit être intéressante) mais cache une subtile noirceur.

Tarsem Singh rend un vibrant hommage au cinéma, à l’illusion et au récit, qui sauvent bien souvent nos existences. La fiction est pour lui un puissant remède à la violence du Monde. Elle transcende nos angoisses et no funestes destins.

Elle soigne mais ne guérit pas. Malgré une belle épopée avec des courageux chevaliers et des aventures majestueuses, Tarsem Singh délimite les vertus de l’imagination.

L’honnêteté du propos touche et offre un long métrage surprenant, d’une beauté saisissante, sans être une coquille vide. Bien entendu, on se demande pourquoi un film aux qualités plastiques si évidentes finit sur les étagères d’un dévédéthèque. Ce ne sera pas la première ou la dernière que ce genre d’interrogation va nous traverser l’esprit.

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 03/09/2009