Danny, ouvrier à l’usine, a peur d’affronter la vie. Son couple n’existe plus. A l'image de la Grande Bretagne des années 80, il se cherche. Rongé par la frustration et au bord de la dépression nerveuse, il décide de réagir.
Il sympathisera par hasard avec un groupe de videurs de boîte de nuit qu’il rencontre au sein du club de boxe dans lequel il finit par s'inscrire. Louis, Sparky et Rob l’acceptent tout de suite et lui redonnent confiance.
Il trouvera dans sa nouvelle famille un exutoire, source d'une exaltation qui deviendra très vite destructrice pour lui et son entourage.
Entraîné dans leur univers, son aversion au risque va prendre un virage radical sous la pression d'une mafia locale qui commence à lui chercher des noises...
Petit à petit il va prendre goût à une violence qu'il tentera de canaliser sous l'influence de Louis, le leader du groupe, qui deviendra son mentor. A la fois stoïque et magnanime, son charisme porte le film du début à la fin.
A la manière d'un Forest Whitaker dans Ghost Dog, Louis nous distille son enseignement façon Samouraï des temps modernes au travers, notamment, de multiples allusions à Sun Tzu (" l'art de la guerre ").
Évitant (de peu) un prêchi-prêcha moraliste usité, le réalisateur parvient à captiver le spectateur autour de cette curieuse ambivalence : videur et philosophe, qui l'eut cru?
Côté influences, on pense à Fight club au travers de la (re)construction identitaire de Danny ainsi qu'au même recours à la voix OFF (quoique moins bien maitrisée). On pense aussi évidemment à Trainspotting de par le traitement socio-culturel et la mise en scène de cette bande de potes aux caractères bien trempés.
Question immersion, Neil Thompson, pour son 1er film, marque donc un grand coup. La photo colle parfaitement avec l'architecture morose de cette ancienne région industrielle. La BO, quant à elle, dynamise le film à grand renfort de tubes 80's.
Alors s'il est vrai que l'on navigue, parfois maladroitement, entre authenticité et clichés (quoique nous ne sommes pas en Angleterre pour rien!), on ne peut que saluer l'intégrité du casting et de la mise en scène au vue du budget minimal. Pour un premier essai, ca cogne dur!
Julien Cadet
© Etat-critique.com - 14/02/2009