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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The clone wars

The clone wars

Dave FILONI

Warner bros - 27 aout 2008 - 1h35

Et ta critique ?




Histoire de recycler les abats de la poule aux œufs d’or, Georges Lucas nous sort le film intronisant la série inspirée de la dernière trilogie. La démarche commerciale en écrase toute prétention artistique.


Le créateur de la saga spatiale la plus connue au monde devrait être étudié en cours de sciences économiques. Il rallonge le cycle de vie des produits grâce à de nouvelles éditions anniversaires et il internalise toute sa production par des sociétés à sa solde.

Rien de surprenant, donc, à ce qu’il crée une succursale chargée de réaliser une série et un film sur une épopée galactique qui se passait très, très loin il y a très, très longtemps. Tout ça pour développer une intrigue censée s’intercaler entre les épisodes II et III d’une trilogie qui raconte les origines d’une autre trilogie qui était sortie avant. Vous ne comprenez pas ? Ne vous inquiétez pas, Georges Lucas sait où cela mène. À son compte en banque, principalement.

Mais là, les fans invétérés pourront me dire qu’il existait déjà une série qui avait la même vocation. Tout à fait chers aficionados, elle fut réalisée par le génial Genndy Tartakovsky et connut un grand succès. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Notre entrepreneur décide alors de confier le nouveau projet à un des responsables d’une des réussites du moment : Avatar. On essaye de réunir le casting du pendant cinématographique de la licence ainsi que des scénaristes valides. Visiblement, il y a dû avoir un vaste mouvement de changements de numéros téléphoniques. Et des dépressions. Tant pis, on peut tout faire avec de la volonté. Le dernier exemple en date s’appelait Indiana Jones IV.

Revenons au long-métrage d’animation dont il est question.

Qu’il s’agisse du récit ou de la psychologie des personnages, ce dernier ne parvient pas à s’inscrire de manière crédible dans la trilogie. L’introduction d’un nouveau protagoniste pour ravir les têtes blondes ne sert qu’à créer une dynamique pour la future série et risque de perturber la compréhension de ce qui existait auparavant. Pourtant, tout se passe dans l’univers déjà établi.

De fait, on tombe dans un paradoxe dans lequel les enfants trouveront le tout trop complexe et les adultes, trop enfantin. Les spécialistes s’arracheront les yeux et les néophytes quitteront la salle devant un spectacle pyrotechnique aussi vain.

Car, si l’action est très présente, la faiblesse du scénario rend l’expérience pénible. D’autant plus que le graphisme très particulier demande un bon temps d’adaptation. On passera sur les incohérences se rapportant à la mythologie Star Wars, l’oubli des lois de la robotique pour les besoins de gags éculés (rappelant Les Droïdes à St Tropez) ainsi que sur le reste pour éviter de tirer sur une ambulance en rade.

Comment recommander quelque chose qui s’apparente plus à un produit dérivé qu'à un film ? Même si le parti pris de la légèreté face à une licence très riche convenait à un public jeune, tout n’était pas permis. Ne pas se prendre au sérieux est une qualité. Ne pas en prendre conscience est une erreur.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 30/08/2008