Avec Wei fang, Yuanyuan Geo, Hideo Nakaizumi er Liu Ye - Metropolitan filmexport - 21 juillet 2010 - 2h17
Et ta critique ?
Plus ville de mort que de vie, Nankin fut le théâtre des pires horreurs de la guerre. Un voyage au bout de l’enfer éprouvant mais salutaire !
Il faut prévenir tout de suite : City of life & death est très violent. On assiste au massacre de Nankin où les troupes japonaises furent responsables de la mort de plus de 300 000 personnes. Un nombre effrayant que l’on devine très bien durant les deux heures et quart de métrage.
Le film de Chuan Lu nous plonge dans la violence la plus insoutenable. Les Japonais eurent d’abord la consigne de ne pas faire de prisonniers Chinois. En masse, ils tuèrent les soldats qui tentèrent de résister.
Au cœur de l’assaut, le spectateur est malmené. Obligé de voir ce qu’il y a de pire chez les hommes. Les Japonais ne connaissent pas la pitié. Les cadavres forment des montagnes. Le champ de bataille transforme les humains en fantômes.
Ensuite les compagnies devaient veiller sur une capitale en ruines avec des habitants apeurés. Un vieil allemand nazi accueille les réfugiés et tente d’empêcher les folies de la guerre.
Elles arriveront. La terreur est palpable et la tension perpétuelle. Dans un noir et blanc qui pousse à la comparaison avec La liste de Schindler de Spielberg, les images secouent et bouleversent. Les visages se figent. Les cris déforment les visages. Les balles et les humiliations pleuvent. Les femmes meurent dans des bordels de campagne. L’innommable a lieu. Une ambiance de fin du Monde où quelques personnes subsistent comme elles peuvent.
Des deux cotés ! C’est la bonne idée du film. Les monstres sont terriblement humains. Le bourreau est parfois aussi touchant que la victime. Le mal et le bien sont à l’intérieur de chaque être. Cela déstabilise d’autant que le personnage occidental et positif est un vieux nazi. Cette leçon d’histoire a le grand mérite de nous apprendre beaucoup sur cette blessure asiatique.
Au-delà de l’histoire, c’est un très beau film, parfois déroutant par ses choix narratifs mais tout le temps émouvant. Il déboussole. Il fait réfléchir. Le devoir de mémoire n’efface jamais la démarche artistique. Ce morceau d’histoire proprement asiatique a tout pour nous toucher.