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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 The chaser

The chaser

Na HONG-JIN

Kim Yoon suk, Ha Jung woo, Seo Youn hee et Park Hyo ju – Haut et court – 18 mars 2009 – 2h03

Et ta critique ?




La France joue ce soir sa peau. Mais nous, comme on adore le cinéma coréen, on soutient le pays asiatique qui affronte l'Argentine de Maradona! On remercie la Corée de nous offrir un des plus beaux polars de ce début de siècle


The chaser sera obligatoirement comparé avec Memories of murder, polar coréen mémorable et nihiliste. Les deux films malmènent avec bonheur les clichés du genre.

Memories of murder se refusait à un final raisonnable. The chaser s’amuse à rendre inefficace les faits et gestes du héros et de son ennemi. D’ailleurs les héros ne brillent pas.

Un ancien flic, devenu maquereau, s’agace de voir ses filles disparaître. Il pense mettre la main sur le client qui les fait fuir. Ce dernier est un assassin fou et dangereux.

Les deux hommes deviennent des pantins d’une enquête laborieuse qui ne va jamais convaincre le procureur de la ville, tenté de relâcher le suspect. Le personnage principal a tout d’une grosse brute pas très futé. La victime fait preuve de sensibilité et manipule sans problème les autorités.

The chaser décrit une nuit cauchemardesque où le hasard se mêle tristement à la violente chasse à l’homme. Na Hong-Jin plonge le polar dans une noirceur de plus en plus opaque. A la fin, la justice sera largement bafouée.

Na Hong-Jin joue habilement avec les clichés. L’arrivée d’une petite fille pouvait craindre une tendresse maladroite. Heureusement elle ne fait que révéler l’aspect pathétique de l’ex-policier. Le cinéaste n’hésite pas à littéralement éjecter la petite fille.

Sa mise en scène fait réellement la différence. Il perd le spectateur dans les petites rues étroites d’une ville tentaculaire et crépusculaire. La lumière du jour qui pointe à la fin du drame ne fait que révéler la monstruosité de l’intrigue.

Noctambule, The chaser illumine les amateurs de polar. Il déconcerte par sa nonchalance et son refus d’espoir (seule la dernière image ménage le spectateur). Il réjouit par sa volonté d’éviter les traditions. The chaser est une perle noire! Une de plus de la part du cinéma coréen!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/06/2010