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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 The beginning

The beginning

The BLACK EYED PEAS

(Universal - 2010)

Et ta critique ?




Encore un groupe avec "black" dans le titre ! D'ailleurs on peut se poser une sérieuse question : les Black Eyed Peas sont ils tombés dans le trou noir de la grosse dance commerciale?

En 1998, un petit trio de rappeurs et danseurs sortaient "Behind the front", gentil disque de rap très cool, un peu underground mais joliment jazzy. Encore aujourd'hui, on y trouve le meilleur morceau des Black Eyed Peas, Joints & jam, funk en diable.

Pour leur troisième album, Will.i.am, aple.de.ap et Taboo ont la bonne idée de mettre leur virilité de coté pour accueillir au sein du groupe, la chanteuse Fergie qui va amener un peu de féminité à leur production. Ils font leur entrée de cette manière dans un rap qui lorgne ouvertement sur la pop.

La recette fonctionne immédiatement : les succès s'enchainent. Les Black Eyed Peas deviennent de très gros vendeurs de disques et les tubes deviennent une (bonne) habitude chez eux. Leur dernier opus, "The E.N.D" se vend à plus de 11 millions d'exemplaires.

Un an après le carton de "The E.N.D", Will.i.am et ses copains reviennent avec "The beginning". Le début d'une nouvelle vie pour ces milliardaires de l'industrie musicale! Ils ont visiblement mis au point une formule infernale pour rester au sommet.

A la surprise générale, il n'y a plus beaucoup de rap chez ces anciens protégés de Eazy E. Il se sont installés dans un mélange de pop et de dance. L'ambition est affichée : faire remuer le maximum de popotins dans les stades.

Ils piquent donc des idées à U2 (Play it loud est un ersatz de ce qu'il y a de pire chez U2). Ils invitent une fois de plus David Guetta, le champion des dance floors et un dj américain, DJ Ammo. Ils transforment donc les rappeurs en héros de la dance et de l'électro pour grandes ondes. On trouve donc dans ce disque, tous les stéréotypes du genre. Une vraie parodie. Commencer un album en reprenant le refrain de "Dirty Dancing", ca ne fait pas très sérieux.

Quelques morceaux sont à sauver mais la plupart du temps, les compositions sont parasitées par des effets faciles que n'oserait pas un dj de campagne, bourré à la Valstar ! Déformations vocales, synthétiseurs élégiaques, samples accélérés... tout y passe pour que le disque soit dans tous les discothèques de la Terre.

Mais on a bel et bien perdu un sympathique groupe de rap. A la place on a droit à un quatuor un peu paumé musicalement et un gros disque de dance qui feraient regretter Laurent Wolf, Rob Dougan ou même de la dance italienne comme Gala ou Corona.

This is the rythm of niiiight, this is the rythm of my life...oh Yeah !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 22/12/2010