avec Benicio del Toro, Emily Blunt, Hugo Weaving et Anthony Hopkins
Universal - 10 février 2010 - 1h40
Et ta critique ?
Une malédiction poilue s'installe dans un village anglais. Ce film maudit sort enfin et nous rappelle que les loups garous ne sont pas les chanceux en matière de cinéma.
On est content: le loup garou de Joe Johnston n'est pas un imberbe métrosexuel chaste et amoureux. Le réalisateur de The Rocketeer est de la vieille école. Le loup garou est un monstre affamé les soirs de pleine lune. Gare à celui qui traine dans les landes d'Angleterre.
En faiseur honnête et poli, Johnston a repris le tournage de The wolfman après le départ du réalisateur Mark Romanek. En bon professionnel, Johnston ne se pose pas de questions et respecte le cahier des charges.
On retrouve tous les éléments qui ont fait la gloire du premier Loup Garou de 1941 avec Lon Chaney Jr. Les costumes sont élégants. La lune éclaire des bois lugubres. Les villageois sont flippés et les gitans n'apprécient guère qu'on les accuse de toutes les malédictions.
Pourtant un aristocrate, Lawrence Talbot, va se faire mordre par un loup garou et devenir petit à petit un danger pour son entourage. Acteur torturé, il va donc être malmené par le village, sa famille et la police britannique. Et en plus, la lune va lui jouer un mauvais tour. Dès qu'elle est pleine, il se transforme et tue tout ce qu'il croise dans ses courses effrénés...
Johnston fait plaisir: son loup garou tue. Souvent de la pire des manières. On est surpris par les effets sanguinolents. Le monstre symbolise une tragédie intime joué avec emphase par le surprenant Benicio del Toro, le cabotin en chef Anthony Hopkins et l'excellent Hugo Weaving.
Leurs interprétations font un peu oubliés l'aspect kitsch de la bestiole. Les loups garous n'ont pas de chance au cinéma. Dracula ou Frankenstein inspirent plus que la grosse boule de poil aux doigts et dents crochus. Même Rick Baker, spécialiste en monstre à poil, ne parvient pas à effrayer totalement avec son lycanthrope.
The Wolfman tente alors du shakespeare à la sauce hollywoodienne. Le montage est haché pour gommer les problèmes de production qui furent nombreux. On voudrait détester le résultat mais on se laisse avoir par l'ambiance gothique et doucement déviante. Il n'y a rien qui hérisse le poil dans ce film... mais finalement c'est un film a du... chien!