Encore un film sur la solitude contemporaine! Encore une oeuvre qui désespère sur l'individualisme! The Visitor ressemble à beaucoup de films indés mais il est irrésistible grâce à sa générosité. Pour le moral, la visite est obligatoire.
Walter est veuf. Professeur d’université, il assure un seul cours et a bien du mal à terminer son quatrième ouvrage sur le développement durable et l’aide au tiers monde. Triste et inconsolable, il a l’obligation de partir à New York pour une ennuyeuse conférence.
Une surprise l’attend dans son petit appartement : deux clandestins s’y sont installés. Par pitié, il accepte qu’ils restent quelques nuits. Très vite, il se prend d’affection pour Tarek, musicien, tout comme sa défunte épouse. Rapidement, Walter retrouve le goût de la vie et des autres…
Une solitude en trouve une autre. Ensemble, la vie est plus belle. Ensemble, la désillusion semble plus cruelle. Tarek, sans papier, se fait arrêter par la police et risque de se faire renvoyer dans son pays, la Syrie. Walter, doit s’occuper de la petite amie, sénégalaise, puis de la maman du jeune homme.
Thomas McCarthy, responsable du très joli The station agent, choisit de raconter un mélo avec bons sentiments tout en guimauve. On a très peur mais le cinéaste, grâce à une grande sobriété, rassure très vite. Aidé par l’excellent Richard Jenkins (le défunt paternel de 6 feet under), Thomas Mccarthy profite d’une mise en scène simple pour observer le sort des sans papiers aux Etats Unis.
Face à la déprimante situation de Tarek, l’auteur répond avec le retour à la vie de Walter. La caméra aperçoit les petits riens qui révèle la renaissance d’un homme au chagrin insondable, qui noie sa tristesse dans un verre de vin quotidien.
A chaque scène, on devine ce qu’aurait pu être le film si Hollywood s’en était occupé. Mais McCarthy ose la modestie et filme à hauteur d’homme pour percer nos cœurs. Le message politique et le drame des héros sont parfaitement digérés. L’humanisme est un gros au cinéma. Surtout dans le cinéma indépendant et new-yorkais. Ici, on sort heureux, inquiet et humain. Ca fait du bien !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 05/11/2008