C'est à chaque fois la même: je veux passer mes nerfs sur LE nouveau groupe français anglophile composé d'un gars et d'une fille. Mais je me fais toujours avoir par les vertus du couple, base solide pour de chouettes chansons !
Depuis Cocoon, toutes les maisons de disques veulent un petit couple pour chanter des douces chansons folk. Tous les mois, on a droit à notre charmant duo franchouillard qui se débrouille bien en anglais et qui sait plaquer quelques accords sur une guitare en bois.
C'est une vraie tendance. C'est donc agaçant et on aimerait bien taper un peu sur ces mignons chanteurs et chanteuses qui travaillent main dans la main et mettent fin à la guerre des sexes dans la pop.
The Two a tout du groupe tête à claques. Ils ont tout pour être les nouveaux héros des bobos. Ils touchent à tous les arts (dans leur famille, on croise Philippe Starck ou Charlotte Rampling). Il sont sensibles et chantent tous les tracas de l'amour en se répondant avec une finesse musicale plutôt charmeuse. Un titre comme Everyday est un morceau qui s'incruste très longtemps dans la tête. Et ce n'est même pas désagréable.
A la moitié de ce premier album, il faut se résigner: Ara Starck et David Jarre sont doués et ils devraient mériter le succès qui va certainement leur tomber dessus. Leur complicité est évidente et sert de tremplin à des mélodies fringantes.
La voix élevée de la jeune femme contourne parfaitement le chant plus hasardeux du guitariste. Ce dernier se débrouille très bien pour créer une jolie ambiance acoustique (dont le très bizarre dernier morceau presque psyché): ce disque ressemble à des confidences sentimentales au coin du feu.
Bon disque de folk, ce premier essai fait de belles promesses. Le petit couple a intérêt à ne pas se brouiller. Le fin équilibre de The Two est une belle preuve d'amour... de la musique !