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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

The Town

The Town

Ben AFFLECK

Avec Ben Alleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner et Chris Cooper - Warner Bros - 15 septembre 2010 - 2h01

Et ta critique ?




Cette « ville » a bien fait d’adopter Ben Affleck. Le triste comédien devient grace à elle un cinéaste inspiré. Boston ville ouverte.


Ben Affleck n’a pas la chance de son comparse Matt Damon. C’est un gros costaud, sans expression avec une voix lancinante. Il n’a pas beaucoup de charisme. Il a tourné dans beaucoup de gros films sans caractère. Il est devenu transparent au fil des années.

Puis son premier film en tant que réalisateur a fait un drôle d’effet : Gone baby gone fut un très grand polar, poisseux et très bien mis en scène.

La star du pitoyable Daredevil a muté en un bon réalisateur qui semblait amoureux de sa ville, Boston. C’était la ville de Will Hunting, son premier succès en tant que scénariste et comédien avec Matt Damon. Il aime cette ville et surtout il connaît ses moindres recoins. Jusqu’aux bas fonds.

Charlestown est un quartier connu pour ses braqueurs de banques et de fourgons. Doug McRay et son équipe sont les plus doués. Gangsters irlandais, ils font la joie d’un parrain sans pitié aux allures d’aimable fleuriste.

Sorti de la drogue, Doug en a assez de cette vie et pense quitter la ville. C’est à ce moment qu’il rencontre Claire, la directrice d’une banque qu’il avait pris en otage. Il devait l’effrayer pour qu’elle se taise, il va tomber amoureux…

Bien entendu, il va devoir remplir un dernier contrat et rien ne va se dérouler comme prévu. The town respecte soigneusement le cahier des charges du film de braquages.

Ca pourrait parfaitement nous ennuyer. Ce n’est jamais le cas. Ben Affleck filme le décor avec passion. Sa balade sauvage nous embarque dans un labyrinthe urbain, aussi romantique qu’inquiétant. Il observe comment les flics et les voyous s’accommodent de la cité. A quoi ressemble le jeu du chat et la souris dans cette ville du Nord de l’Amérique pourtant connue pour ses écoles prestigieuses et son art de vivre.

Ce n’est pas du Michael Mann ou du Martin Scorsese mais Ben Affleck se promène avec une certaine aisance dans les mœurs des gangsters. On peut regretter qu’il ne soit pas aussiintéressé par le boulot du flic incorruptible, justicier qui aurait pu être un peu plus ambigu.

Ne boudons pas notre plaisir : en plus de parfaitement maîtriser l’espace, Ben Affleck est un directeur d’acteurs épatant. Son casting est judicieux. Lagrâce des femmes s’oppose à la bêtise des hommes. Les actrices possèdent une présence délicate, aérienne tandis que les hommes ont des épaules larges pour supporter des épreuves violentes qu’ils s’imposent.

On se réconcilie même avec Ben Affleck, comédien. C’est dire. Cette visite guidée dans un Boston méconnu, lieu de violence et de romance, a vraiment des vertus euphorisantes. Le voyage est hautement conseillé.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/09/2010