Avec cette carte blanche à Ugo Rondinone, Marc-Olivier Walher libère une nouvelle fois le principe d’exposition de son carcan de règles et offre une impressionnante plongée matérielle et sensible dans le cerveau de l’artiste, vers la création d’une Troisième Pensée.
Du cut-up de Burroughs et de Gysin naquit The Third Mind, livre expérimental inachevé et qui mettait en place cette méthode qui coupe et ré assemble des fragments – de phrases, d’images, de pensée – afin d’accueillir une troisième entité : la Troisième Pensée.
L’équation est la suivante : 1 + 1 = 3.
Ugo Rondinone applique cette formule au paysage artistique contemporain, s’emparant des références qui l’animent et assemblant ainsi les œuvres de 31 artistes, comme autant de matériau unique et fertile.
Lorsque Ugo Rondinone parle du cycle continu d’ingestions et d’excrétions de l’insecte youpketcha, il file la métaphore vers cette troisième pensée née d’ingestions et d’excrétions des œuvres avoisinantes.
Sur les planches de son cerveau se joue un spectacle particulier, une exposition mise en scène dans un décor de :
Condensation
Correspondances
Recoupements
Décloisonnement
Frottements
Résonance
Association libre
Analogies
Contraires.
Autant de racines mises à l’épreuve des synapses de l’artiste. Une structure en réseau qui propose une pensée de la multiplicité et donne une nouvelle dimension sensible et matérielle des œuvres.
Et pour certaines pièces, l’équation alchimique est véritablement renversante : les objets-Croix de Carron, la toile de néons de Boyce et les peintures de DeFeo sont liés par un mouvement interne qui ouvre la voie à une prolifération multidirectionnelle et simultanée des sens. Idem pour le frottement aérien de la viande nervée incluse dans les fourreaux géométrique et transparents de Paul Thek avec les œuvres géométriques d’Emma Kunz la Guérisseuse.
Ce morcellement de l'unité artistique par découpage, pliage et collage des plis du cerveau de Rondinone surprend par l’ampleur des découvertes : l’espace central du Palais résonne de l’instabilité des éléments de Ronald Bladen comme espionnés par la série de « têtes » de Nancy Grossman en but aux messages rhétoriques de Cady Noland filtrés par The Cathedral Evening du même Bladen.
L’exploration de cette exposition discontinue forme un tout qui prend lentement place au creux de notre propre cerveau : the third mind vient de s'opérer.
Ce morcellement de l'unité artistique par découpage, pliage et collage des plis du cerveau de Rondinonesurprend par l’ampleur des découvertes : l’espace central du Palais résonne de l’instabilité des éléments de Ronald Bladen comme espionnés par la série de « têtes » de Nancy Grossman en but aux messages rhétoriques de Cady Noland filtrés par The Cathedral Evening du même Bladen. L’exploration de cette exposition discontinue forme un tout qui prend lentement place au creux de notre propre cerveau : the third mind vient de s'opérer.
Perrine Le Querrec
© Etat-critique.com - 16/10/2007