Avec Kurt Russell, TK Carter, Keith David et Richard Masur - 1982 - Universal
Les commentaires
seb
Le 04/11/2010
excellent ce film ! à connaître. De bons moments de stress en perspectives. Curieusement, si les costumes ont un pris un coup de vieux comme le look de Kurt Russell, l'intrigue et la réalisation n'ont pas pris une ride.
Et ta critique ?
Les aliens sont gentils dans les années 80. John Carpenter, en hargneux réalisateur, s'efforce de prouver le contraire. Un grand moment de terreur.
Avec l'atterrissage d'ET sur notre planète, les extraterrestres ne sont plus méchants et ne veulent pas nous rayer de la surface de la Terre. Ils nous font des bisous, nous soignent, calment nos bobos à l'âme et repartent gentiment. Nos planètes voisines doivent être habitées par des bisounours.
Heureusement ca n'a pas toujours été comme ca. Avant, les aliens étaient vilains, vicieux et destructeurs. avec eux, on ne pleure pas de joie ou de compassion. Le monstre venu d'une autre planète c'est sacrément badass! C'est pourquoi il faut les déterrer. Ce que va faire une équipe de scientifiques en Antarctique.
Ils sont douze et vont décongeler une créature qui peut se métamorphoser. Rapidement les hommes vont comprendre que l'un d'eux (ou plusieurs)n'est pas ce qu'il dit être. La tension est psychologique mais John Carpenter, en franc tireur du cinéma américain, dégaine une arme absolu: le monstre protéiforme.
Les peurs se multiplient dans The thing. Elle est identitaire: l'entité extraterrestre remplacerait un individu par un ersatz vide de conscience. C'est un virus virulent et invisible. La peur est réelle: la créature est capable des transformations les plus atroces. Si en plus, tout se passe dans un espace fermé, le trouillomètre monte rapidement malgré le décor glacial.
En la décongelant, l'équipe scientifique va affronter un monstre sans visage. Avec Rob Bottin, maquilleur génial, Carpenter imagine une créature qui détruit, absorbe, concasse tout matière organique et mixe pour composer un corps de plus en plus effrayant. On pense à Lovecraft et Carpenter anticipe les angoisses d'un jeune auteur, David Cronenberg.
Remake de La Chose d'un autre monde, le film de Carpenter est une fois de plus conçu comme un film de siège. Grand fan d'Howard Hawks, après Assaut et New York 1997, il continue de recycler les conventions du western au film de genre. Une fois de plus, Kurt Russell interprète avec conviction, l'intrépide héros solitaire et désabusé.
S'il ne signe pas la musique, Carpenter fait confiance à Ennio Morricone qui joue lui aussi sur des sons très épurés et inquiétants. Avec le paysage enneigé qui entoure les malheureux héros de The thing, Carpenter tente un cinéma d'épouvante dépouillé et pourtant d'une redoutable efficacité (formidable cinémascope).
Ce film fut détesté à son époque (Carpenter pense que sa carrière aurait été différente si le film avait fonctionné au box office). Dès sa sortie en video, l'aspect existentiel et la démonstration d'horreur ont explosé aux yeux du public et continuent de fasciner aujourd'hui.
On parle toujours d'une séquelle ou d'un remake. The thing est l'un des sommets du cinéma d'horreur. C'est un des nombreux chefs d'oeuvre de John Carpenter. C'est un must du septième art.
Phrase culte: Peut être que l'on est en guerre contre la Norvège?