Plus fort encore que les idées lumineuses du geek Mark Zuckerberg, les bidouillages électro de l'ancien leader de Nine inch nails.
Le film de David Fincher fut une bonne surprise: réussir un film de deux heures sur des programmateurs qui se font des procès ce n'était pas gagné et Fincher passionne avec sa virtuosité narrative et fait réellement du réseau social internet, un sujet de cinéma.
Facebook inspire aussi Trent Reznor, artiste tourmenté et héros du rock industriel. Ce n'est pas la première fois que le chanteur se retrouve dans une BO de film mais il est ici libre d'exercer tout son talent.
Chanteur charismatique et musicien déchaîné, il tente avec cette musique de film une vraie percée dans l'ambient, exercice instrumental et synthétique. Comme il est connu comme un grand du son métalleux, l'electro de Trent Reznor est sombre et habité par une humeur mélancolique et troublé.
Accompagné de son producteur anglais, Atticus Ross, Reznor donne sa vision du succès bizarre de Zuckerberg et son site internet. Il avait d'abord refusé la proposition d'illustrer le film de Fincher puis le coté tragique de l'histoire rédigée par Aaron Sorkin a séduit l'artiste.
La musique ressemble donc à tous les tourments qui habitent le héros. C'est une cavalcade de sons artificiels mais magnifiquement compilés. Reznor et Ross développe un lyrisme inattendu et passionnant.
Des vrais instruments font des arrivées percutantes dans des musiques synthétiques qui soulignent l'aspect technologique du Social Network. On dirait parfois du Clint Eastwood qui serait pris de passion pour Brian Eno. L'idée est saugrenue mais ce disque offre une vraie et belle surprise musicale.
Peu habitué au monde de l'electro, c'est un disque abordable malgré son amertume évidente. Les mélodies ressortent avec une puissance surprenante et irrésistible. Expérimentale, cette bande originale a tout pour être le son d'une époque ou d'une génération.
Reznor et Ross échappent à tous les pièges et célèbrent le spleen de la plus belle des manières. L'exercice de style a du bon. La musique participe à la réussite du film.
Et Reznor triomphe autant que Zuckerberg accumule les millions !