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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

The Shining

The Shining

Stanley KUBRICK

Avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd et Scatman Crothers - 1980 - Warner Bros

Et ta critique ?




Stephen King n'a pas apprécié le travail de Stanly Kubrick. On ne comprend pas: il s'agit de la meilleure adaptation du romancier.


C'est d'abord un film d'horreur. Kubrick a tout compris au regard de Jack Nicholson et sait qu'il était le meilleur effet spécial de son film. Sa composition est incroyable. Le comédien glisse dans la folie avec une rage de plus en plus explosive. Ses répliques sont cultes. Il n'y a pas grand chose à dire sur ce sujet. Le respect est intact trente ans plus tard.

C'est un film fantastique. The Shining version Kubrick est un film de fantômes qui (faussement) s'ignore. Jack Torrance, sa femme et son fiston vont être aspirés petit à petit dans un monde oublié, silencieux, effrayant. Isolée dans un grand hôtel, la famille se décompose doucement, rongée par la solitude, le poids du passé (de l'hôtel et de la vie d'écrivain du père) et des fantômes qui hantent l'immense propriété.

C'est un drame familial. Jack, romancier raté, en veut de plus en plus à sa famille. Il serait la cause de son échec.  Passionné de psychanalyse, Kubrick tisse la tension sur les rapports de plus en plus étranges entre le père, la mère et le fils. L'hôtel hanté n'est qu'une sombre métaphore sur la famille et ses douleurs. Le pouvoir encombrant du fiston représente une trop grande clairvoyance et une absence d'innocence. Les fantômes ne sont que des rancoeurs d'adultes.

C'est un film kubrickien. Perfectionniste, le metteur en scène développe la technique de la steadycam et nous promène dans les couloirs inquiétants de l'hôtel avec une aisance qui fascine encore. Les travellings impressionnants, paradoxalement, enferment le spectateur dans une idée angoissante et esthétique de la schizophrénie. Enfin il y a encore un soin apporté à la musique, qui apporte un peu plus de mystère à l'ensemble.

C'est un film marquant. Kubrick, éloigné du sujet du livre de Stephen King, refuse les explications. Son film refuse le rationnel et s'adresse juste à l'émotion du spectateur. Le film fout les pétoches et préfère multiplier les symboles que tout expliquer. Le plan final est un formidable pied de nez à la logique et permet de voir et revoir ce classique avec la même jubilation et parfois le même angoisse.

Phrase culte:  Je ne vais te faire de mal: je vais juste t'éclater la gueule!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 11/11/2010