Mieux que Rock Academy, The rocker célèbre le mauvais goût du hard rock avec bonne humeur. Pour se réconcilier avec la musique de barbares.
Depuis le faux documentaire en 1984, Spinal Tap, le heavy metal a la solide réputation d'être pratiqué par des décérébrés à franges. Récemment le vrai documentaire Anvil soulignait aussi cette idée qu'il s'agissait d'une musique de loosers.
Il faut dire qu'il y a peu de stars dans ce style poilu de musiques. Les bonnes places sont rares et Fish, batteur, va en faire l'amer expérience. Au début des années 80, il est viré du groupe Vesuvius et le groupe devient aussitôt connu à travers le Monde.
20 ans plus tard, Fish multiplie les désillusions et doit habiter chez sa soeur. C'est là que son ambition va revenir: il devient le batteur du groupe de rock de son neveu de 15 ans...
Fish n'est pas joué par Jack Black mais par le globuleux Rainn Wilson. Excellent comédien, rémarqué dans la série américaine The Office, cette courgette aux yeux ronds s'électrifie pour faire du rock'n'roll à n'importe quelle condition.
Avec ses vieilles habitudes de hardos des années 80, il a tendance à effrayer un peu la proprette jeunesse d'aujourd'hui qui veut juste être connu. Mais pour Fish, c'est une revanche sur la vie.
Une fois de plus, le hard est présenté comme une sorte d'état d'esprit radical où tout adepte tente d'y conserver une certaine jeunesse et innocence malgré des apparences plus inquiétantes.
Le réalisateur de Full Monty suit Fish comme un poisson hors de l'eau et s'amuse avec tendresse de ses réactions. C'est un peu téléphoné mais le film finit par mettre en avant la marginalité et la différence. La vulgarité n'est pas là où on s'y attend! C'est une comédie aussi idiote que chaleureuse. Aussi sympathique que réécouter une vieille cassette d'Iron Maiden.