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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 The Resistance

The Resistance

. MUSE

(Warner Bros - 2009)

Et ta critique ?




Le trio anglais emprunte désormais à Queen et aux symphonies épiques. Le résultat ne fait pas du tout dans la dentelle. L’artillerie lourde fait feu sur la pop britannique.


Depuis "Showbiz", il y a dix ans, Muse est devenu une machine de guerre pour enflammer les stades du Monde entier avec des hymnes pétaradants. Si les musiciens sont fades, leurs compositions sont tout simplement impressionnantes d’excès, parfois grotesques, parfois courageuses.

Après l’album western "Black hole & revelations" et son final apocalyptique (Knights of cydonia) qui restera dans les mémoires du rock héroïque, les trois musiciens tentent l’album Science Fiction.

"The resistance" mérite avant l’écoute, le titre de la pochette la plus kitsch, faisant appel à l’imagerie de "L’age de cristal" et tous les films spatiaux des années 60 et 70. Cela a le mérite d’être clair : nous sommes dans le domaine de l’utopie et du délire.

Les paroles de certaines chansons sont inspirées de "1984" de George Orwell. Mélomane, Bellamy s’inspire de Saint Saens pour faire un gros clin d’œil au public français. Après Green Day et American idiot, Muse décrit à son tour le meilleur des mondes.

Quand on s’appelle Muse, cela entraîne irrémédiablement un glissement vers le prog-rock et ses grosses boursouflures instrumentales. Matthew Bellamy et ses camarades s’essaient donc, en fin de disque, à une mini symphonie bien lyrique (exogenesis -quel titre- sur trois titres), avec orchestre imposant et voix spectrales.

Heureusement le trio britannique n’en est pas à son coup d’essai. On est toujours un peu surpris par l’ampleur musicale dont est capable le groupe. Ca agace certaines oreilles mais cela peut plaire à d’autres.

Car Muse trouve de temps en temps la générosité d’un groupe mythique comme Queen (sur le très martial United states of eurasia). Le groupe sait bidouiller la musique classique avec des choses beaucoup plus modernes et arrive toujours à nous faire secouer la tête ou battre le rythme. Orgueilleux musicalement, les petits gars de Muse conserve ce qu’il faut de pop pour ne pas effrayer leurs auditeurs.

Muse ne connaît toujours pas la musique de chambre. C’est tant mieux : il y a ici quelques morceaux qui testeront la résistance de quelques stades et les limites du rock symphonique.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/10/2009