Avec Ray Winstone, Guy Pearce, Emily Watson et Danny Huston - Bodega films - 16 décembre 2009 - 1h44
Et ta critique ?
Nick Cave signe le scénario d’un western de l’autre bout du Monde. Comme le chanteur, c’est emphatique, parfois pompeux, souvent fascinant.
The proposition sort quatre ans après sa réalisation. C’est bizarre : il s’agit d’un bon film. Le film peut sortir car le réalisateur a depuis signé La route. Cependant on devine ce qui a inquiété les distributeurs.
C’est un western contemplatif. Il ne se passe pas grand chose. Dans un désert australien, un capitaine anglais poursuit les sanguinaires frères Burns. Il en arrête un. Il libère le frère cadet pour qu’il tue le grand frère, caché dans une contrée sauvage…
La capitaine découvre que sa mission de civilisation ne peut être qu’un échec tandis que le frangin ne supporte plus la violence de son aîné. John Hillcoat respecte le scénario de Nick Cave, chanteur à l’univers sombre et littéraire.
Comme dans les chansons de Cave, le film joue avec une mythologie et l’assombrit jusqu’à l’abstraction. On pense parfois au Blueberry de Jan Kounen, mais en beaucoup plus accompli. Hillcoat s’attarde sur des paysages splendides où la présence humaine devient une petite tache, inconvenante et dérisoire.
Très vite, le scénario s’articule sur deux personnages, chacun d’un coté de la loi, qui découvre la barbarie qui habite l’Homme et sa facilité à glisser sur la violence la plus abjecte.
Le bush australien fait la différence. Les aborigènes sont les indiens de ce continent qui rend fou par sa taille et sa beauté. Ce western se situe entre la terre aride qui écrase les quelques hommes qui s’y aventurent et leur aspiration à s’élever. Les frères Burns ont toujours le nez en l’air, obsédé par la lune et les étoiles.
C’est une œuvre hallucinée et un peu pompeuse par moments. Quelques scènes s’étirent inutilement. Mais cela fait du bien d’être surpris par un western, soutenu aussi par un casting génial entre le maigre Guy Pearce, le taciturne Ray Winstone ou le furieux Danny Huston. Après Peckinpah et Eastwood, John Hillcoat nous confie une rassurante vérité : le western est mort. Vive le western !