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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 The Phosphene dream

The Phosphene dream

The BLACK ANGELS

(Blue Horizon - 2010)

Et ta critique ?




On ne sait pas trop à quoi carburent les membres de Black Angels. En tout cas, ils prennent la même chose que le Velvet Underground ou le Jefferson Airplane de la grande époque !



Bad Vibrations fait glisser l'auditeur dans une spirale temporelle aussi redoutable que la pochette de ce troisième album. Le psychédélisme à l'état pur. Un rock qui peut être aussi envoutant que déprimant. A la fin de la première chanson on ne sait pas trop dans quel trip on va pénétrer.

En tout cas, les membres de Black Angels nous font une invitation au pays du rock décalé, électrique et libre. Inspiré par le Velvet et proche du Brian Jonestown Massacre, le groupe semble avoir coincé son inspiration dans les trépidantes années 60. Alex Maas et ses copains sont donc amateurs de rock toxique et séduisant.

Après un second titre musclé, les anges noirs nous font prendre un ascenseur inquiétant mais mélodique. Yellow elevator #2 est un délire étourdissant qui nous transporte vraiment dans un pays des merveilles.

Les sauvages années 60 sont l'unique repère dans ce disque qui va de toute façon exploser les neurones. C'est troublant comme tout ressemble à un jam des Doors avec Syd Barrett de Pink Floyd. Les apparences sont joyeuses: l'ensemble est une sorte de farandole bariolée et excitée. Les Texans réalisent leur bande originale pour Austin Powers.

Si on prend les chansons une par une, c'est nettement plus aigre, dur et tout aussi excitant.  Les Black Angels ne sont pas des gentils hippies. Les réverbérations et les sonorités font sourire mais il y a derrière tout cela une sécheresse d'écriture plutôt triste et douloureuse.

De l'utilisation des acides, on passe à une vraie acidité sur ce disque plus tourmenté qu'il n'y parait. Pas d'effets énormes sur ce disque. Juste une lancinante musique, inspirée et rock à souhait, qui recherche l'hypnose de son audience.

Bizarrement on pense aussi à la cold wave, autre moment majeur de l'histoire du rock. Dans ce disque, on y trouve le même spleen, le cafard comme source d'inspiration. L'énergie du désespoir pourrait bien être l'inspiration de ce disque vintage.

Il n'en est pas moins agréable et on a réellement le bourdon lorsqu'il s'arrête après 36 minutes de rock illuminé !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/12/2010