Oeuvre sensible et élégante, The marine parle avec une rare justesse de la condition des anciens soldats américains. Non, on plaisante: The marine est un gros machin bourrin, rigolo à force de ringardises digne de Steven Seagal.
The marine a une particularité : C’est l’un des premiers films produits par le studio de cinéma de la World Wrestling Entertainment, c'est-à-dire la plus grosse compagnie de catch ! Ce qui explique en partie la finesse extrême de ce film d’action pour rednecks et kids échauffés par le soleil du Texas.
Cela dit The marine peut être vu d’un point de vue ethnologique : s’il y a George Clooney pour titiller la politique américaine, il y a le catch pour l’approuver et la glorifier. La grande star, John Cena, montagne de muscles avec deux expressions dans le visage, joue un super soldat qui est viré de l’armée pour avoir sauvé ses potos malgré les ordres de ses supérieurs. En deux trois mouvements, il découvre une cachette d’Al Qaïda et réduit en cendres les ennemis de l’Amérique.
Mais il y avait un contre ordre et il a désobéi. Il rentre donc au pays tout triste mais bien content de retrouver sa femme. On le comprend : c’est Kelly Carlson, la blonde affolante de Nip Tuck. Malgré tout, notre militaire regrette le bon vieux temps où il pouvait casser de l’extrémiste.
Heureusement, le scénariste met sur sa route une bande de braqueurs azimutés menés par Robert Patrick, second couteau grimaçant toujours d’accord pour cachetonner dans un navet. Il est donc très à l’aise et kidnappe la blonde du bidasse. Celui-ci peut donc faire appel à son savoir faire et détruire tout pour sauver sa belle. Ce n’est pas l’Amérique mais c’est déjà ça.
Le film est donc une course poursuite débridée où se lit un discours patriotique sur l’Amérique, éleveuse de défenseurs de liberté chevronnés et efficaces. Le catcheur joue mal mais s’applique à bien casser tout ce qu’il touche. L’amateur de belles choses se console avec l’héroïne de Nip Tuck mais a bien du mal à supporter ce déluge de testostérones.
L’humour est graveleux et la mise en scène se vautre dans les effets les plus faciles. Le catch, ce n’était déjà pas bien glorieux à la télévision. En s’exportant au cinéma, le catch permet de retrouver le charme très particulier des films d’action des années 80 avec ce grand américain de Chuck Norris. Ce n’était pas nécessairement obligatoire mais les amateurs déviants seront aux anges.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 08/05/2007