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Jeudi 09 Février 2012Cinéma

The Killer inside me

The Killer inside me

Michael WINTERBOTTOM

Avec Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson et Simon Baker - warner bros - 2010

Et ta critique ?




Retour sur un polar déconcertant, violent donc très intéressant!


Le générique est coloré. Il a du style et le son fifties nous fait plonger dans le sud des Etats Unis avec ses chapeaux de cowboys, ses grands espaces, ses flics et ses voyous. 10 minutes plus tard on déchante : le film ne sera pas si cool que cela. Le héros, un flic au phrasé lent tabasse jusqu’à la mort une prostituée.

Lou est un policier sans histoire. Il a une petite amie, un bon job et son patron espère beaucoup de lui. Il tombe fou amoureux d’une prostituée. Hélas elle est le maillon essentiel d’un plan machiavélique qui lui permettra de venger la mort de son frère adoptif, tué par le grand industriel du coin…

Bien évidemment, le plan ne va pas se dérouler comme prévu. L’étau se resserre à grande vitesse sur le jeune flic, qui devient de plus en plus violent. Les innocents vont trinquer. Nous aussi. Le malaise vient de cet esthétisme très étrange de la violence. Le personnage est doux, parfaitement joué par Casey Affleck.

La reconstitution des années 50 a beaucoup de charme, des voitures clinquantes aux répliques typiquement texanes. Avec les tenues de Betty Page, on apprécie beaucoup Jessica Alba et Kate Hudson. Le polar est noir mais il devient déviant toutes les vingt minutes.

Touche à tout qui ne cesse jamais de tourner, l’Anglais Michael Winterbottom (Jude,Tournage dans un jardin anglais et beaucoup d’autres) soigne les images et ressuscite une époque avec une certaine classe et instaure un malaise évident, signe des classiques du film noir. 

Ici, les femmes fatales sont tuées. Le jeune innocent ne sera pas épargné. Et les hommes de loi ont une notion particulière de la justice. Au milieu du carnage, surnage ce tueur trop sage et pourtant sado maso. Winterbottom s’attarde sur le calme avant les tempêtes, souvent effroyables. Comme dans ses films précédents, il apprécie, quand il le faut, la caméra au contact des corps, qui se font ici fracasser.

Tiré d’un roman de Jim Thompson, The killer inside me déroute. Difficile de dire si on a aimé ou non. On est secoué par l’étrangeté du personnage central. On se demande si tout cela ne ressemble pas à de l’esbroufe ou de la provocation gratuite. Le temps va devoir faire son travail. Patience, le verdict tombera sur ce tueur vraiment atypique !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 07/02/2011