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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

The Green Hornet

The Green Hornet

Michel GONDRY

Avec Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz et Christoph Waltz - Sony Pictures - 12 janvier 2011 - 1h55

Et ta critique ?




Michel Gondry parvient à souffler sa fine couche d'humour perlimpinpin sur un gros film américain. Le résultat est à l'image du réalisateur: sympa!


C'est très difficile de détester l'adaptation du Frelon vert par Michel Gondry et le comique Seth Rogen. Ce dernier, pilier du cinéma de Judd Apatow (En cloque mode d'emploi, Funny People), est l'archétype de l'américain moyen, un peu beauf, un peu tendre, un peu con.

Jouer un apprenti super héros est une chance pour ce comique rondouillard. Il fait exactement l'inverse de ce que l'on attend d'un super héros. C'est d'abord une affaire de style. Il n'est pas très bon pour la baston mais il adore envisager des plans diaboliques pour faire croire qu'il est méchant alors qu'il veut défendre la justice. Gosse de riche fainéant, il cause beaucoup mais il manque d'efficacité.

Le Frelon vert est d'abord une noisette vide! Heureusement, son assistant Kato (Jay Chou star asiatique) apporte un savoir faire extraordinaire. Il bricole des inventions extravagantes et souvent spectaculaires. Il pratique le karaté comme personne et admire Bruce Lee, premier acteur de Kato dans la série télé des années 60. Il reste néanmoins à la place de sidekick sans nom. Ce qui lui déplait.

Ils forment donc un duo inédit de super héros, obligés de compter sur les qualités de l'autre. Ils vont avoir du mal à l'accepter car les deux sont égocentriques.

Tout comme le vilain de l'histoire, joué par l'excellent Christoph Waltz découvert dans Inglorious Basterds. Lui aussi se demande comment être clairement identifié comme le caïd de Los Angeles.

On est très loin du sérieux des derniers Dark Knight. Comme dans Soyez sympas, rembobinez, les héros et vilains de Michel Gondry interprètent des rôles pour oublier un peu leur propre médiocrité et des existences un peu ternes. Ce sont des grands dadais qui jouent à la guerre. Pour de vrai. Dans leurs têtes, c'est toujours un peu pour de faux.

Gondry a toujours célébré l'imagination enfantine dans ses films et son aspect bricolé. Il continue ici aux commandes d'un blockbuster, sur un genre ultracodifié et commercial. Il ne se fait pas bouffer par l'énorme production et s'entend bien avec Seth Rogen, scénariste et producteur, sur ce fantasme qu'est le super héros.

Il ponctue donc le film de petits détails astucieux et d'idées visuelles ludiques comme l'accélération de plan séquence ou la dilatation de l'espace. Comme ses personnages, il s'applique à un travail très terre à terre: beaucoup de cascades en live et peu d'effets digitaux. C'est aussi un hommage aux productions old school.

Il pratique même une piqure de rappel sur l'importance de l'information dans nos sociétés de l'image et de la pub. Le film de Gondry est intelligent, divertissant et souvent marrant. Vraiment difficile d'avoir le bourdon devant ce film!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/01/2011