Avertissement : en dépit de son titre, ce disque sorti en 2006 n’est pas un best of, mais un septième album original de Chan Marshall alias Cat Power.
La reine du folk-rock sans falbala, de l’ampli à fils dénudés, du brut de brut, de la fleur de peau, de l'instinctif, du rugueux, du sans artifice … séquestrée par des papis étoilés dans l’antre rutilant de la production Memphis soul blues… A-t-elle bien réalisé ce qui lui arrivait ? Un petit chat écorché craintif et malhabile face à un aréopage de pointures affûtées, cuivres, guitares, claviers, chœurs, percussions… Drôle de combat inégal… D’où la paire de gants de boxe en pendentif sur la pochette, peut être (*) ? Ses approximatifs accords de gratte ou de piano, si poignants dans l’intimité d’un You are Free(son précédent album en 2003), sonnent ici un peu out of key dans le très professionnel contexte du Ardent studio. Comme une belle robe empesée trop grande sur une fille jamais si sexy que dans son vieux jean troué.
Alors on nous fait le coup du sandwich : deux belles tranches de pain bien croustillant qui encadrent un bon morceau en plein milieu. Le reste étant constitué d’une sauce passe-partout sans réel intérêt. Autrement dit, The Greatest (la chanson) superbe, qui met bien en appétit et Love & Communication extra, qui ferme bien le paquet. Entre deux, Where is my love, curieusement nu et (donc ?) émouvant. Du reste, il ne reste rien, si ce n’est une vague émulsion country soul folk bien proprette et vite oubliée.
De quoi rester un peu sur sa faim quand même. . .
(*) En fait "The Greatest" était le surnom de Cassius Clay à qui la chanson-titre fait allusion.
Roland Caduf
© Etat-critique.com - 17/05/2008