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Vendredi 25 Mai 2012Livre

 The Goon

The Goon

Eric POWELL

Delcourt - 5 tomes

Et ta critique ?




Les morts vivants sont partout. C’est le monstre de ce début de siècle, l’icône angoissante de notre monde desoeuvré et violent. Le dessinateur Eric Powell en profite pour faire naître un nouvel héros !


Les trentenaires connaissent les Goonies, le film de Richard Donner avec tous ses moments cultes. Ils sont la cible désormais d’Eric Powell, dessinateur Américain. The Goon ne raconte pas l’histoire des Goonies de manière individuelle.

L’artiste a visiblement une connaissance de la contre culture et la culture pop. The Goon joue avec le rétro et le moderne. Il fait appel à des références connues par tous. En gros, Eric Powell s’est mis en tête de mélanger l’univers de la bédé des années 30, Dick Tracy, avec le monde crépusculaire de Romero, l’inventeur du zombie au cinéma.

Cela donne The Goon, brute épaisse et dévisagé qui s’attaque à tous les monstres qui peuplent les quartiers sombres. Il lutte contre le prêtre des zombies qui a le chic de créer des créatures hargneuses mais qui ne font jamais peur au Goon.

Le zombie n’a pas la fonction politique que donne Romero à cette créature. Il n’est pas n’ont plus aussi effrayant que dans les derniers films sur le sujet. Ici, il permet de mettre en avant les efforts et les dégâts gigantesques de The Goon, héros patibulaire et finalement touchant.

Entre thriller naïf et horreur débridée, The Goon renvoie à la série Les contes de la crypte. L’horreur sert un petit discours moraliste et permet à l’auteur de revisiter un style graphique, conventionnel. La présence de monstres en tout genre permet de surprendre.

Très vite on s’attache au héros et son copain, le psychopathe Franky, puisque leurs aventures sortent de l’ordinaire. On pense beaucoup à Hellboy (qui fera une apparition) et cette manière très libre de jouer avec les stéréotypes américains.

Le super héros est un gros lourdaud lassé de se battre. Son sidekick a un comportement de taré. Les monstres sont délirants. En quelques histoires, Eric Powell réussit à capter l’attention et éviter la simple parodie. C’est prenant et le dessin est d’une fluidité rare.

Loin de la réalisation industrielle, style super héros DC comics ou Marvel, le dessin fait penser à Will Eisner ou d’autres génies du coup de crayon made in USA. Généreuse, la série est mouvementée comme un bon vieux serial. L’imagination est au pouvoir et The Goon démontre que les héros n’ont pas besoin de collant ou de masque pour être super !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 13/12/2008