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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

The Good night

The Good night

Jake PALTROW

2007 -

Et ta critique ?




Fuir la réalité dans des songes que l’on contrôlerait n’est pas une idée neuve. Ce n’est même pas un concept original pour un film. Et ce n’est pas avec quelques invités de renom que l’on en fait un qui vaille la peine de se déplacer.


La reconversion est un véritable défi pour les membres d’un ancien boys band. De ce côté de l’écran, ils font de la soupe pour des radios commerciales, ils font de la télé-réalité, ils fréquentent des bimbos alcooliques sur la pente descendante du succès.

De l’autre côté de l’écran, ils se contentent de monter leur petite affaire ou de continuer d’user de leur « talent » sur des accompagnements sonores pour des spots de pub et des documentaires sans consistance.

Pour l’un d’entre eux, la désillusion du quotidien est un véritable calvaire entre un boulot qui est à l’épanouissement intellectuel ce que Bernard Henri-Lévi est à la philosophie et une femme dont la passion s’est érodée face à son dépressif de mari. Au cœur de cette réalité crue, l’artiste va choisir de se lover dans les bras accueillants de Morphée.

Au titre de cette échappatoire dans un monde illusoire, il va sacrifier tout ce qui le retient dans celui-ci. Après avoir apprivoisé sa psyché avec l’aide d’un analyste qui considère qu’un bon songe compense une vie de merde, on va suivre les allers-retours lénifiants entre le rêve et la réalité.

Plutôt que de jouer sur la confusion entre les deux états, le film se contente de faire avancer le semblant de propos qui l’anime, à savoir la puissance d’un fantasme et les conséquences de sa possible concrétisation hors du subconscient.

Le tout est assez cohérent dans la mesure où la morale finale déclare que la bonne nuit (traduction littérale du titre anglais, signifiant le rêve parfait) se résume à la mort cérébrale, état dans lequel nous laisse ce film.

En dehors de ça, le démarrage est lent si l’on considère qu’il existe, le twist final fait dans le mélodramatique facile et sans intérêt, et, entre les deux, une succession de scènes sans surprises capitalisant sur quelques acteurs connus (Simon Pegg, Penelope Cruz, Danny DeVito…) tente de cacher l’indigence de l’ensemble.

Finalement, on se demande quel est l’intérêt d’aller voir dans les salles obscures ce que la société nous impose. Comme invitation au songe, on a quand même vu mieux. Mais le pari est gagné : c’est par le rêve que l’on s’enfuit de cette dure réalité cinématographique.

 

 


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 03/07/2011