Norah Jones : petite Fée du Bayou ou Reine des baillements ?
Etes-vous au courant ? Norah Jones vient de sortir son quatrième album. Il est vendu dans toutes les bonnes stations service. Et la publicité nous en dit monts et merveilles.
Figurez-vous que la jeune dame a vécu une rupture amoureuse. Elle s’est séparée d’avec Lee Alexander qui était son arrangeur, et qui jouait et composait pour elle. Vous savez comme moi que les ruptures, ça chamboule tout. Du coup, Norah a révolutionné sa vie. Waow !
D’abord, elle s’est coupé les cheveux, adieu rideau de ténèbres opulentes, place à une toute petite coupe au carré, du dernier chic. Ensuite, elle est accompagnée d’un nouveau groupe et son album est produit par un type qui, un jour, a payé un café à Tom Waits.
Et puis, elle a dit adieu à son style vaguement jazzy, place désormais à un style vaguement folk.
Maintenant, il faut vous dire la vérité : le résultat est dispensable. Pour être encore plus clair : n’achetez pas cette bouse, cette daube, cet étron !
Madame Jones a un brin de voix agréable. Du genre qu’on écoute agréablement dans les ascenseurs, les aéroports, bref les lieux où l’on perd son temps.
En revanche, dans son dernier album, il n’y a aucune mélodie remarquable, aucun air ne sort du lot, on a l’impression d’être plongé dans une soupe aux légumes où les légumes seraient tellement moulinés qu’aucun gout distinct n’émergerait.
Du coup, l’oreille se trouve engluée dans une mélasse, quelque chose qui ne colle absolument pas au cœur et au corps, une mélasse paralysante.
Le chroniqueur a écouté une première fois « The Fall » l’album susdit et, n’en croyant pas ses oreilles, l’a réécouté par conscience professionnelle. Cet album censé figurer les tourments amoureux d’une demoiselle en détresse, ne vibre d’aucune émotion. Rien ne tremble, rien ne bouge. Tout est désespérément figé.
Dans une année où Bat for lashes a sorti un album envoûtant, où Florence and The Machine livre une première œuvre tonifiante, mamie Jones nous sert un thé sans aucun goût et acquiert haut la main le titre d’artiste la plus surestimée de ces dernières années.
Comme on disait dans les années 1960 : bonne nuit les petits.
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 16/12/2009