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Vendredi 25 Mai 2012Musique

The Eraser

The Eraser

Thom YORKE

(XL Recordings - 2006)

Les commentaires

fannybry@gmail.com

Le 30/05/2009

C'est exactement ca, j'avais lu cet eloge, la revoici, dans la distance, exacte. La présente critique colle au dos de l'oeuvre, l'aspect dytyrambique de l'album ne cache aucun fait ou acun mystère extrinsèque, tout est là, sous nos yeux...Cette beauté à l'oeuvre reflète l'ame d'un poète dont la clameur directe au monde bouleverse l'oreille attentive d'un auditeur fidèle a soi, jusqu'a l'absurde parfois, lorsqu'il s'agit de trancher dans l'inutile, qui cherche desperament à rattraper le temps perdu. La jalousie n'a plus de nom, la ou la trahison a rompu ses lien pour danser au dessus d'un abime dont le hasard n'efface aucune dette.

fannybry@gmail.com

Le 30/05/2009

Je pense que ce qui fait la force corrosive et le charme de cet artiste c'est qu'il ne cherche pas a controler son image, a copier une intuition ou imposer une forme aux choses. Sa nature est refractaire à l'opinion et a l'autorité. Cette absence d'autauritarisme, son refus, c'est une partie de l'essence de Radiohead. Eraser est peut etre un point final à sa carrière ou le debut d'une mission qui nous échappe..

fannybry@gmail.com

Le 30/05/2009

Nous pourrions ecrire des pages dont la necessite s'effacerait au fur et a mesure. La legereté de cette missive dont la declinaison epouse les contours de la planète oscille sans cesse entre des poles antagonistes, miroirs jumeaux d'une pensée
froissée par l'etude et l'erudition chaste d'une recherche avortée par les années, les jeux de reflets, les appels souterrains sont autant de non laisser-passer aux frontières fluctuantes et passionnées. La tonalité de l'ensemble de ses chansons, qui dépasse les categories classiques du genre, fonce vers un univers dont l'issue improbable donne a voir, déjà, l'eclat irrémédiable d'une perséverance acharnée à vouloir creuser la difference, affronter l'amorphe indifferenciation des classifications légendaire ou toute personne veritable trouve sa fin, qui demande plus à la vie, qui choisit de vivre le drame de facon authentique, qui refuse l'agonie et l'assistance envers et contre tout, dont le combat interieur interpelle toute autre habit raisonnable, qui n'a pour toute modestie que sa soif a peindre et ordonner un chaos, une demeure..;
Je trouve l'oeuvre de Yorke particulièrement réussie parce qu'inachevée, je n'ai pour l'instant rien trouver de plus ouvert, de plus franchement humain jusqu'aux limites de l'humain, trop humain, qu'il soit question de structure ou non, sa poésie bouscule une majorité d'esprits et revendique, mais le mot est un peu lourd ici, une profession de foi, ici encore! une éthique presque aboutie.

fannybry@gmail.com

Le 30/05/2009

Il m'est arrivé de rejeter cette oeuvre pour des raisons personelles, quand je ne trouvais pas de sortie à ma propre épopée sauvage; son écoute neammoins me réconforte dans l'idée d'un plan parfait, vivable au sens noble, j'y détecte l'audace, la franchise et l'éclat saupoudré d'un esprit noble, le mot est jeté!, une force à l'oeuvre dont l'ombre rocambolesque efface ses propres traces et conduit ainsi, imperceptiblement, chaque message à soi, chaque directives y puise sa pleine volonté, chaque écueil y recueille sa ligne, chaque note trouve sa faille ordinnaire.Ce qui me touche beaucoup c'est la manière fourmillante de progresser et d'evoluer, au travers de l'espace, cette dévotion, ce clin d'oeil frondeur, cette invitation a ne pas trop sommeiller, me laisse de glace et refroidie, assez pour repartir quand la chaleur a manger mes neuronnes caverneuses.
La catharsis des premiers sons, son repondant, brise le carcan du quotidien, transforme le negatif en positif, chasse la morosité ambiante de l'actualité, cette capacité a dompter les monstres et les démons m'emerveille reellement car je pense rechercher cet art.Il sait amener l'ecriture a poing fermés vers son lieu de fermeture, son tombeau. Cette qualité rare lui confère le titre d'ecrivain. J'envie ce metier. Je voudrais ressembler a cet artiste.

fannybry@gmail.com

Le 30/05/2009

On pourrait dire en langage informatique qu'il sait amener un projet a maturité mais la courtoisie serait-elle suffisante? J'ignore tout des affres de la création ou presque, mais quelquechose me dit que son tourment est sincère et vécu. Je m'identifie à lui juste assez pour ne pas me confondre avec son image et blesser son orgueil.

Et ta critique ?




Ceci n’est pas une chronique. Plutôt une confession. Ou un repentir, exprimé avec d’autant plus de sincérité qu’il émane d’un croyant de la première heure qui a, peu à peu, pris ses distances avec la parole sacrée.

Hérétique ayant retrouvé, de fraîche date, le droit chemin, je ne ménagerai donc pas ma peine pour clamer à la face du monde la supériorité absolue, quasi divine, de l’album solitaire de Thom Yorke. Momentanément privé de la collaboration de ses apôtres, pardon, de ses musiciens fidèles (Radiohead), son inspiration ne se trouve en rien amoindrie. Bien au contraire, il délivre, avec The eraser, un évangile sublime, propre à convertir les plus réticents.

Pour preuve, le mécréant un peu obtu (et scandaleusement décomplexé) que j’étais depuis dix ans et un Ok computer trop ambitieux pour mes pauvres capacités perceptives (pour ne rien dire de ses trois successeurs - Kid A, Amnesiac et Hail to the thief), vient d’être frappé par l’évidence, aveuglé par la beauté, assourdi par la musique céleste de l’homme à l’œil gauche figé : The eraser est un don du ciel et de son représentant (musical) sur terre, Thomas Edward Yorke.

Neuf titres seulement, comme autant de commandements musicaux donnant à entendre et à comprendre un musicien habité qui trouve dans ce projet solitaire le moyen de se régénérer. Loin des errements d’un groupe encensé par la critique et suivi par un public fidèle, mais peut-être arrivé au bout de son épopée créative. Rien n’était parvenu jusqu’à nos oreilles depuis fin 2003 et, de l’aveu même de ses membres, les tentatives de Radiohead pour donner une suite à leur œuvre se sont toujours avérées stériles depuis cette époque : "Nous n'étions plus vraiment motivés. Quand Hail to the thief est sorti, tout a commencé à nous sembler pénible : enregistrer, donner des concerts... On avait l'impression d'être devenus une sorte d'excroissance absurde... On se sentait mal à l'aise. Il valait mieux arrêter."

C’est dans ce contexte difficile que Thom Yorke, chef de bande incontesté, a choisi la voie (presque) solitaire, n’acceptant que l’immense Nigel Godrich dans son univers clos et intimiste. C’est d’ailleurs le producteur qui l’a convaincu de la qualité des bandes enregistrées au fil des mois. Ne restait qu’à y associer des textes qui sauraient traduire les préoccupations humanistes universelles de celui qui, au fil des ans, est devenu le prophète d’une jeunesse idéaliste.

Bidouillages électroniques fiévreux et modestes. Mélodies subtiles, irrésistibles et envoûtantes, enfouies sous les habits austères de l’exigeante noirceur de leur auteur. Chant incantatoire susurré comme pour ne pas déranger un monde qu’il veut pourtant bousculer… Chaque détail de The eraser est précis (précieux), (dé)mesuré, minutieusement agencé pour plonger l’auditeur dans une sorte d’apesanteur sensitive entièrement vouée à la perception de le cohérence de l’ensemble.

On pénètre cette œuvre sombre et indispensable (vitale) comme un monde souterrain où la lumière serait trop rare pour assurer nos pas, mais suffisante pour laisser percevoir les splendeurs inouïes dont elle est faite. L’effaceur dont il est ici question est, à n’en pas douter, celui du monde tel qu’il est (moche), du monde qu’on laisse dehors pour ne plus penser qu’à la beauté d’une œuvre majeure. D’une parole sacrée et d’une musique céleste.


Joël Fomperie

© Etat-critique.com - 11/10/2007