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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

The Devil's rejects

The Devil's rejects

Rob ZOMBIE

Avec Sheri Moon Zombie, Sid Haig, Bill Moseley et Ken Foree - Metropolitan - 19 juillet 2006 - 1h43

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! Ce vendredi, on se fait mal avec une série B bien violente! Y en a pour tous les gouts sur notre site!


Ce fut la mode dans les années 2000 : de l’horreur vintage. Leatherface et sa famille de dégénérés du Texas font rugir leur tronçonneuse. Eli Roth devient la star du Torture movie et Saw rentabilise les pires excès de gore (et les plus stupides). Bref, le film d’horreur va bien. Avec la guerre en Irak, le cinéma de genre retrouve ses vertus d’exutoire.

Il y a donc de cela dans The devil’s rejects du musicien metalleux, Rob Zombie. Auteur d’un petit film d’horreur jubilatoire (La maison des mille morts), Zombie reprend les mêmes personnages et les fait évoluer dans un univers plus réaliste, dans un western crépusculaire qui rappelle beaucoup ce nihiliste de Sam Peckimpah.

A la fin des années 70, les Firefly sont connus comme les pires assassins du Sud de l’Amérique et ils sont poursuivis par un shérif border-line. La trame est simple et permet à Zombie de s’attarder sur la folie de la famille.

Ceux là sont insaisissables. Un trio de tueurs sans pitié, odieux et capables du pire. Le fils de la famille est persuadé d’être le diable. Sa sœur érotise de monstrueuses tortures et le père cache sa violence derrière un maquillage de clown.

En fuite, ils déambulent dans une Amérique larguée et inquiétante. Les Firefly en deviennent attachants. Les représentants de la loi font plus peur que ses serial killers déjà sérieusement atteints.

La violence explose partout. Les dialogues sont crues. Les images aussi. Finalement, le film, hommage à une série B si chère à Tarantino, fait fonctionner notre cerveau.

Si Haneke aime le dépouillement total et quasi abstrait pour nous soumettre nos hontes et nos angoisses, Zombie pratique le spectacle décomplexé pour un même résultat.

The devil’s rejects peut être vu comme un gros crachat au bon goût. Il cumule les scènes dérangeantes avec un aplomb malsain. La décharge de violence est telle que personne ne peut être indifférent. Si on résiste au délire (très belle photographie poussièreuse et bande son rétro aux petits oignons), on se met à réfléchir. On cogite pas mal devant cette insulte pas si vulgaire.

Malmené, on reste scotché devant l’intensité de cet horrible chose, baroque et parfois grotesque. Elle marque les esprits. Avec le temps on vit avec et on se prend d’affection pour cette grosse chose subversive. On en profite pour souligner la qualité des bonus du dvd et son excellent documentaire de 2h30 sur le tournage. Une façon de comprendre la conception et la finalité de cette étrangeté honteuse !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/07/2009