Remontons le temps. Remontons au début de ces années 2000 qui musicalement me firent passer d'un 20ième siècle énervé à un 21ième apaisé mais non moins tourmenté. On me dit que c'est l'âge qui fait ça.
Je prends cet exemple car le parcours musical de Midlake est un peu à cette image, même si le terme énervé aura bien du mal à définir leur musique.
Partant d'un premier album tout fou pour ne pas dire fourre-tout "Bamnan & Silvercock", où pointait déjà la grandeur de leurs chansons futures, ils nous avaient laissés en 2006 nous régaler de l'album de l'année (pour beaucoup de médias, mais également pour moi) "The Triumphs of Van Occupanther". Ayant toujours fait peu de concerts, le fan transi attendait donc ce début d'année 2010 comme un fan de Johnny au milieu de la pelouse du Stade de France, crevé d'avoir tant attendu, mais plein d'une folle espérance. L'annonce d'un nouvel album augurait de tellement de bonnes choses.
Dés le début, on retrouve les voix de Tim Smith & McKenzie Smith, magnifiques harmonies, et magnifiques mots, qui s'entrecroisent sur les mélodies malgré tout sombres & lancinantes. Ces 4 garçons dans le vent (du Texas) portent sur leurs épaules les plus belles chansons qu'un groupe de pop puisse écrire. Elles ont souvent la force de l'expérience (Core of Nature) mais aussi la faiblesse du débutant (Rulers, Ruling everything). Elles ont surtout la capacité de nous faire decoller sans redescendre & c'est de bon augure.
Contrairement à l'album précédent qui variait les plaisirs, ici pas vraiment de modifications de thème ni de tempo entre les morceaux. L'ajout d'une flûte traversière quasi permanent nous emmène vers une sorte de folk plus médiéval que Ouest américain. Et l'on s'étonne à longueur de titres que ce groupe soit américain. Si l'électicité avait existé au Moyen Age, on les aurait bien vu troubadours, racontant leurs histoires de château en château.
C'est en tout cas un album où l'on se réfugie, comme si la cheminée était allumée, avec tout le monde autour, à l'écoute du conteur.
Malgré tout, et c 'est tellement difficile à admettre, pointe un tout petit soupçon de déception dans les lignes de votre serviteur. Est-ce l'attente? Est-ce le trop grand espoir porté par ces frêles garçons?
Beaucoup de belles choses, mais qui à la longue tournent un petit peu en rond.C'est assez linéaire & l'on aimerait que cela soit un peu plus varié. Cela reste absolument magnifique mais sans accident, sans fausse note. On aurait apprécié que ces gentils garçons nous emmènent 2 ou 3 fois dans le mur au cours de ces 9 chansons, pour qu'elles en ressortent encore plus grandies, j'en suis sûr.
Vais-je leur en vouloir? Pas le moins du monde. Johnny fait la même chose depuis 30 ans & ses fans sont toujours plus nombreux au Stade de France.