Nouvelle diva de la soul ? Janelle Monae a tout d'une grande mais ne glisse pas dans la facilité FM. Son disque est une fresque sonore impressionnante !
Lorsqu'on découvre la couverture, on se demande pourquoi les chanteuses de nu soul ou de R&B ont la folie des grandeurs. Avec l'énorme et incompréhensible succès de Lady Gaga, la mégalomanie pourrait devenir une caractéristique du genre.
Heureusement Janelle Monae n'en est qu'à son premier essai. Si elle a fréquenté Outkast ou Puff Daddy, elle sait aussi se promener sur des terres musicales plus mystérieuses comme Of Montreal.
La culture de la demoiselle semble impressionnante puisqu'elle voue un culte à Metropolis de Fritz Lang et s'en inspire pour son premier album. Un orchestre flamboyant ouvre cet album concept. La chanteuse adapte le drame futuriste à sa sauce funk et moderne.
"The Archandroid" est théâtralisé jusqu'à la plus anodine des notes. L'emphase est permanente mais jamais, elle est assourdissante. Pharaon de la soul music, Janelle Monae n'a pas peur de chasser en dehors de ses terres.
Elle n'est pas allergique à la violence punk ou au swing d'un véritable rock'n'roll. Difficile de l'enchainer au protocole de la production commerciale. Elle fuit les facilités et se consacre à la découverte de nouveaux territoires.
Elle n'a pas peur de faire dans le glam, le psyché ou d'autres bizarreries. On est subjugué par la beauté protéiforme de l'artiste, véritable tête chercheuse un peu brûlée mais jamais déboussolée.
Généreuse, elle réalise un disque un poil longuet mais "The Archandroid" prouve une maturité assez exceptionnelle. Une ambiance se tisse au fil de l'écoute. Comme dans une mégapole, on y trouve des quartiers très différents, une diversité un peu effrayante et cela forme un tout fascinant.
La cité de Janelle Monae est folle et annonce peut être une nouvelle façon d'aborder la soul. Cette excentrique secoue nos habitudes et ce n'est jamais un défaut en matière de musique !