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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Tetro

Tetro

Francis FORD COPPOLA

Avec Alden Ehrenreich, Vincent Gallo, Klaus Maria Brandauer et Carmen Maura - Memento films - 23 décembre 2009 - 2h07

Et ta critique ?




Tetro, c'est bien peu de la part de Francis Ford Coppola. Ce jeu de mot est facile mais tellement vrai.


C'est un cinéma de poseur. Il ne faut pas dire que c'est moche. Au contraire. Mais celui qui connaît bien le cinéma italien de la grande époque pensera automatiquement à Antonioni et quelques chefs d'oeuvre des années 60.

La référence est digne mais finalement elle ennuie. Il est question d'héritage, d'art et de père dans ce film. Francis Ford Coppola se cache un peu trop derrière ses idoles.

On pensait que l'auteur du Parrain avait depuis longtemps tué ses pères. Sa carrière est étonnante. Il a fait sauter les conventions de Hollywood avec ses copains barbus (Spielberg, Lucas, De Palma et Scorsese). Le système ne veut plus de lui. Alors il réalise enfin des petits films, au style résolument européen. Comme les jeunes cinéastes, à 70 ans, Coppola célèbre ses influences. Il n'a plus rien à prouver. Il n'est désormais que le père de Sofia, reine de la hype, et la figure paternelle d'une famille d'artistes.

Il y a donc d'étranges résonances dans Tetro. On devine le récit autobiographique derrière ce film en noir et blanc marqué par les retrouvailles de deux frères et les souvenirs qui resurgissent.

L'aîné est un artiste maudit exilé à Buenos Aires et le petit dernier déboule avec toute sa candeur pour rencontrer ce frère illustre mais mystérieux.

Vincent Gallo, comédien mégalo n'a pas de mal à jouer la tourmente. Le petit nouveau, Alden Ehrenreich, est un copie troublante de Leonarod Dicaoprio. Les femmes sont latines donc sensuelles. Les hommes sont grotesques donc intéressants.

L'ampleur n'y est pas. Le cinéaste soigne son noir et blanc avec un magnifique sens du cadre mais son histoire n'est pas vraiment passionnante.

Almodovar, à qui l'on pense à cause de la présence de Carmen Maura, fait beaucoup mieux. Ou Wong Kar Wai. La passion est sourde. La souffrance ronge les âmes et la famille est le nid de toutes les névroses. L'amour est la seule rédemption. Rien de très nouveau.

C'est beau et pas très original. C'est de la thérapie élégante et un peu chichiteuse. Coppola semble heureux de réaliser un film. On est très content pour lui. Un peu moins pour nous. A 70 ans, il ne faut pas s'étonner de retrouver Coppola en suiveur!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 06/01/2010