Sexe, drogues et rock’n’roll ! Trois mots qui font rêver les amateurs de gros sons, de légendes électriques et de gloires enfumées. Trois mots qui sonnent comme une récompense pour JB et KG, les membres de Tenacious D et les héros d’une comédie foireuse au point d’être captivante.
Depuis tout petit, JB rêve d’être un hard rocker comme Ozzy Osbourne. Il part pour Los Angeles pour réaliser son rêve mais sa naïveté et sa bonhomie ne lui rendent pas service. Il rencontre un beau jour, KG, brillant guitariste et piètre mythomane. Ensemble ils vont tenter de mettre la main sur le médiator, issu du diable himself et capable de lancer les carrières les plus époustouflantes…
Nos deux apprentis rockers vont partir pour des aventures similaires à celles des Blues Brothers. Tenacious D & the pick of destiny est une version hard rock et décérébrée du film bluesy de John Landis. Le réalisateur Liam Lynch et les deux auteurs acteurs copient et collent le chef d’œuvre musical de Landis.
Ce n’est pas très correct : l’imitation n’est pas parfaite et surtout elle sert à un drôle de délire, complètement régressif donc à ne pas mettre sous tous les yeux. Car Jack Black et son complice Kyle Gass rendent un hommage potache mais sincère à tout ce genre musical, si kitsch et grand guignolesque avec ses références mythologique et horrifiques. Leurs personnages sont deux grands dadais qui refusent de grandir et qui se laissent bercer par les rêves et les légendes du rock, le moins noble mais le plus théâtral.
Cet argument était déjà présent dans Wayne’s world. Black et Gass poussent le bouchon plus loin en ne respectant rien et piétinant le bon goût dès qu’ils le peuvent. Ca peut agacer. Ca fait surtout rire car l’énergie qu’ils mettent à descendre dans l’humour le moins raffiné force le respect. Ce n’est jamais fin mais bon quand on écoute ACDC, Judas Priest ou Iron Maiden, il ne faut pas s’attendre à du Bergman à l’écran.
Le film est une comédie dégénérée où la meilleure idée se confond avec la vanne la plus pourrie de La Classe. On s’en veut de rire mais la sincérité transpire du projet, ainsi que l’affection des auteurs pour leurs anti héros azimutés et délirants.
D’ailleurs finalement, cette passion pour le hard agit assez bien puisque la musique du film est assez réussie et les numéros musicaux ne manquent pas d’intérêt. A la limite d’être affligeant, ce petit film devient attachant.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/07/2007