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Dimanche 05 Février 2012Musique

 Tchamantché

Tchamantché

Rokia TRAORE

(Universal Jazz France - Edition limitée 2008)

Et ta critique ?




Rokia Traoré signe un quatrième album, Tchamantché, où elle a su mélanger  instruments traditionnels africains et sonorités modernes. Elle invente un vrai style, équilibré et étonnant.


Rokia Traoré vous emmène en voyage, entre tradition et modernité. Une douceur qui vous enveloppe et vous transporte dans des ambiances tour à tour suaves ou rythmées. Elle chante essentiellement en Bambara, un des principaux dialectes parlés au Mali ; elle chante également deux titres en français. Elle se distingue de ses homologues  contemporains, Salif Keita et Oumou Sangaré,  elle réussit à s’inscrire dans la culture africaine sans être une chanteuse de musique traditionnelle. Si elle revient au Mali en chanson, elle a vécu énormément à l’étranger durant son enfance.

Si elle utilise des instruments africains comme le  n’goni et la sanza, c’est pour mieux les détourner de leur univers originel en les associant  selon les morceaux à  une vieille guitare Gretsch (une révélation pour elle) ou à une harpe classique.  Elle  choisit  de remplacer le xylophone ou le balafon traditionnel par une rythmique plus occidentale. Le résultat est plus que convaincant, la belle Africaine impose un style nouveau, unique, inclassable, entre blues et folk-rock. Une vraie découverte.

Sa voix magnifique vous enveloppe,  tour à tour grave et cristalline, et vous transporte dans un univers  de douceur. La plupart des titres s’appuie sur des groove sensuels et puissants. Un mélange de langueur et de force, empreint de féminité.

Côté paroles, Rokia  évoque des sujets difficiles comme l'immigration clandestine de nombreux Africains vers l'Europe (« Tounka »), le devoir de mémoire des Maliens envers leur passé glorieux  (« Dounia ») tandis que « Zen », chanson  essentiellement rythmique, invite à avoir le « courage de ne rien faire ». La ballade méditative et emplie de sagesse « Dianfa » nous transporte facilement vers l’ailleurs. Le disque se termine sur une splendide reprise, « The Man I love » de Billie Holliday.

Voilà un quatrième opus réussi. Laissez-vous séduire, Rokia Traoré nous emmène dans son univers de douceur et de sérénité qui n’a pas fini de faire parler d’elle.





Eléa M.

© Etat-critique.com - 10/06/2008