Révisez vos classiques pendant l’été !
Le Théâtre du Lucernaire nous a habitué à des adaptions dynamiques et réussies de grandes œuvres classiques, que ce soit les Misérables ou Beaucoup de bruit pour rien.
Le Tartuffe proposé par la Compagnie Carabistouilles & Cie jusqu'au 11 septembre 2010 ne déroge pas à la règle.
Comme souvent au Lucernaire, le décor est réduit à son plus simple appareil - c’est à peine s’il y a une table sur la scène - ce qui permet de se concentrer sur le texte et sur le jeu des acteurs, ce qui est bien l’essentiel.
Le démarrage du spectacle est un peu poussif. Le metteur en scène a pris le parti de placer ses comédiens sur scène avant l’entrée en salle des spectateurs, comme si nous pouvions voir les coulisses par transparence. Nous voyons donc les comédiens répéter en silence, faire des étirements, ou encore finir une salade de pates… jusqu’à ce que la pièce commence de façon un peu abrupte, alors que Damis (alias Harold Girard) a toujours des baskets aux pieds.
Heureusement, le talent partagé des comédiens leur permet de rattraper bien vite la situation et de nous gratifier d’une pièce fort bien jouée.
Le classicisme du jeu des acteurs est appréciable mais il est contrebalancé par une volonté farouche, et un peu vaine, du metteur en scène (Philippe Ferran) de moderniser la pièce. Pourquoi ce démarrage sans queue ni tête ? Quel besoin de vêtir Tartuffe et son valet de vêtements actuels (costume et lunettes noirs), quand les autres personnages sont en costume d’époque ?
Il doit s’agir de montrer que les faux dévots (qu’ils soient sincères ou pas) sont toujours d’actualité et que la pièce, malgré ses trois siècles, n’est pas obsolète…
Malheureusement, ce côté décalé ne sert pas franchement le propos et n’apporte pas grand-chose à la pièce, qui semble un petit peu s’étaler en longueur.
Cette petite réserve étant faite, il faut, pour être parfaitement honnête, reconnaître que, ne serait-ce l’absence de décor, l’on pourrait se croire dans la pure tradition de la Comédie Française !
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 27/07/2010