C’est une découverte dénichée au détour d’une borne d’écoute. « Bien ce Soan rappelant Bertrand Cantat », me dis-je. Un ami m’explique alors que le lascar est passé par La Nouvelle Star. Comme quoi, il ne faut pas avoir de jugement hâtif.
Des chanteurs qui donnent tout, ça manque dans une chanson française qui a tendance à chantonner. Soan, à la manière du leader de Noir Désir, donne l’impression que ses cordes vocales vont se briser (Puisque rien). Une intensité folle que l’on retrouve dans Putain de ballerine. Gorgée d’émotion, « c’est des mots d’amour au violon » explique la chanson de cet écorché vif.
"Tant pis" se compose de quelques ballades entraînantes (Sequelles Next time) mais l’album suit le fil du romantisme. L’amour revient constamment au galop. Rien de surprenant pour ce rockeur tatoué qui se mue alors en Brel. L’accordéon, la contrebasse et ce petit truc dans l’air (Pas pour lui parle du vote), c’est sans surprise que Belleville et Parisiennes s’invitent au bal. La charcuterie et le ballon de rouge suivront. A l’écoute de ce second titre, on comprend que ce disque a été signé par Christian Olivier. L’influence des Têtes Raides regorge à chaque instant.
« J’aimerais découvrir le monde avant que d’en crever », entame un très beau couplet sur le voyage et la liberté. Un xylophone et une guitare acoustique devraient faire ouvrir la porte à Emily.
Soan est passé du métro à la notoriété. Gageons qu’il ne va pas mal tourner, comme un Julien Doré. Prometteur à la sortie de M6, il est aujourd’hui adepte des duos similaires (Mélanie Pain, Cœur de Pirate) usant de sa voix rauque murmurante. Insupportable. Reconnaissons lui un vrai talent de guitariste. Soan, lui, sort ses tripes à chaque titre; on espère qu’il gardera son âme ténébreuse.