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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Taken

Taken

Pierre MOREL

Avec Liam Neeson, Maggie Grace et Famke Janssen - Europacorp - 27 février 2008 - 1h25

Les commentaires

gerard

Le 21/02/2009

Invraisemblable ! un superman du genre "lethal weapon" avec Mel Gibson ! mais bien monte et on decouvre la face cachee de Paris avec des organisations de la traite des blanche (mais que fait donc la police francaise ?...) on sait d'avance qu'il y'aura un happy end ! je vis a Tel Aviv et je sais helas que ces resaux existent bel et bien dans le monde . a Tel Aviv la traite des blanches est dirigee sauvagement par le milieu russe et georgien !

Gerard

Et ta critique ?




Quand on est une frêle jeune fille dans un pays dangereux (la France), les risques de se faire enlever par une mafia d’Europe de l’Est sont conséquents. Afin d’oublier ces périls en nos demeures, autant se contenter d’un bon film de genre bien sauvage.


En évitant de révéler le scénario purement fonctionnel de cette histoire improbable mais pourtant vraie, on ne peut  pas se rendre compte de la facilité avec laquelle un scénariste peut justifier un déluge de violence gratuite. En partant du principe fondateur de la paternité (le sentiment protecteur et la paranoïa qui l’accompagne) et de l’adolescence (l’attitude rebelle et la défiance des règles), il est possible de faire un bon drame humain.

Pour rendre le récit plus ludique, on va imaginer qu’une organisation composée de gens mal intentionnés, gérant un réseau de prostitution qui n’a pas opté pour le volontariat, va se mettre en tête d’enlever une jeune américaine qui ne rêve que de devenir chanteuse, de monter à cheval et d’avoir son premier rapport sexuel. Sans développer l’intérêt scénaristique de ces détails, on serait prompt à compatir avec la douleur des parents.

Mais, pour enfoncer le clou, on va supposer que cette jeune fille était la dernière personne à kidnapper pour la mettre sur le trottoir. En effet, son père est un ancien agent de la CIA dont les multiples aptitudes donnent à penser qu’il n’est pas resté souvent derrière un bureau, sauf pour l’encastrer dans la tête d’un fâcheux. Fortement irrité, notre papa poule (de l’espèce qui a appris à se servir d’un couteau et de tout autre objet contendant) va sauter dans le premier avion pour récupérer sa progéniture, entreprendre un dialogue amical avec les ravisseurs et faire un tour en bateau mouche pour tuer le temps (entre autres).

Au programme donc, des morts violentes, des séquences de torture, des courses-poursuites effrénées et une conclusion qui ne surprendra que ceux qui n’ont pas été réceptifs à une maladresse de réalisation dans la première demi-heure qui préfigure la fin du film par anticipation. Par chance, le happy end et la justification morale ne gâchent pas le propos de cette variation d’un vigilante movie bien bourrin.

L’avantage d’un concept simple est de pouvoir monopoliser des idées éculées pour les recycler de façon originale. Certes, on a déjà vu au moins une fois toutes ces scènes mais la forme surpasse le fond. Le flegme tout anglo-saxon de Liam Nesson dans les moments les plus durs allié à une mise en scène dynamique et un humour assez noir permettent d’atténuer le manque d’originalité.

On pourra regretter quelques ratages qui restent modestes pour un jeune réalisateur français qui a su garder son intégrité dans ce mélange des genres et des cultures. La mise en place de l’action et des personnage est un peu laborieuse, la mise en scène privilégie l’efficacité à l’audace et la production design est un peu caricaturale pour un film qui joue sur son argument de véracité (qui reste très relatif). Mais ce ne sont pas non plus le genre de qualités que l’on attend de ce genre de long-métrage. Tant qu’il y aura des morts. Violentes, si possible.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 03/03/2008