Avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Shea Whigham et Kathy Baker, Advitam - 4 janvier 2012 - 1h55
Et ta critique ?
Le cinéma indé se laisse aller au film catastrophe: beaucoup de vent pour rien?
C'est peut être pour cela que Roland Emmerich s'est permis de s'emparer de William Shakespeare dans son tout dernier film: les films catastrophes ne sont plus des blockbusters. La fin du Monde n'a pas forcément besoin d'effets spéciaux impressionnants et d'acteurs has been!
L'année dernière, le meilleur film de l'année pourrait être celui de Lars Von Trier, Melancholia. Sans gros budget, le cinéaste danois nous faisait tout de même flipper avec le chaos total! Jeff Nichols fait pareil. Plutôt des personnages forts que des explosions gigantesques.
Son héros tourmenté est joué par Michael Shannon. Un effet spécial à lui tout seul. Un grand type avec une grosse tête carrée et des yeux tout ronds. Physique patibulaire à qui on ajoute une voix qui donne le frisson. Remarqué dans le paranoïaque Bug de William Friedkin, il est devenu un acteur remarquable dans la série Boardwalk Empire et quelques seconds rôles comme dans The Runaways.
En ouvrier traumatisé, il est parfaitement à l'aise. Son regard est furieux et le moindre muscle indique l'angoisse monté chez ce type hanté par des cauchemars de tempête monstrueuse. Comme sa maman était schizophrène, il se demande si ce n'est pas en train de le arriver...
Sa femme (la radieuse Jessica Chastain) ne le comprend plus. Sa fille, sourde, ignore la folie de plus en plus apparente de son papa. Au boulot, on flippe lorsqu'il veut refaire son abri anti tempête, en pleine crise financière...
Car Jeff Nichols veut parler de l'Amérique d'aujourd'hui. Avec ce type obsédé par la prévention et la sécurité, Jeff Nichols décortique les obsessions de ce grand pays, malade et paranoïaque. Notre héros est un symbole!
Le film l'étudie avec une minutie qui finit par ressembler à de l'inertie. Dieu que c'est long. S'il y a vraiment une fin du Monde, on finit presque par l'envier. Car, de manière clinique, Jeff Nichols s'attarde sur tous les symptômes.
C'est intéressant mais ca devient répétitif. Heureusement les images sont souvent sublimes. La partie naturaliste du film est la plus passionnante, où les hommes forment une communauté un peu isolée au milieu d'une nature toujours dangereuse. Comme Terrence Malick, Jeff Nichols film de manière sensitive la campagne américaine. On sent presque les coups de vents. Plus que les coups de folie du personnage principal en tout cas.
Il y a une atmosphère dans ce film mais il manque un rythme pour donner du coeur et de l'envie à ce Take Shelter qui reste, quoi que l'on en pense, une oeuvre atypique.